Acuité : Quel est votre parcours professionnel ?
François Guitton : Je suis opticien depuis 2000. J’ai commencé à travailler à Paris en 2004 avant de revenir la même année à Nantes, ma ville natale, où j’ai ouvert un magasin indépendant dans le quartier Saint-Donatien.
J’ai ensuite créé deux autres points de vente en 2009, que j’ai revendus en 2015 et 2016. Aujourd’hui, je travaille toujours dans mon magasin d’origine.
AC : Comment êtes-vous arrivé chez RecyclOptics ?
FG : Je me suis rapproché de l’association il y a deux ans. L’écologie est un sujet qui me touche personnellement et je cherchais des repères pour rendre mon activité plus écoresponsable : réfléchir à mes achats, à mes pratiques professionnelles, à la façon d’avoir un impact plus limité.
J’ai rencontré Julien et Carole Rhiel au Silmo 2024 et nous avons beaucoup échangé. Je me suis rendu compte qu’ils portaient quasiment seuls la question de l’écoresponsabilité dans la filière, et j'ai souhaité apporter ma contribution.
AC : Où en est aujourd'hui l'association ?
FG : L'association entre aujourd'hui dans une nouvelle phase, avec le passage de relais des fondateurs. Le bureau et le conseil d’administration ont été renouvelés*. Nous sommes aujourd’hui huit membres actifs, avec des profils assez complémentaires : opticiens, acteurs de la seconde main, de la lunette de protection ou encore de la contactologie.
L’objectif est de rassembler progressivement tous les maillons de la filière.
« La prise de conscience écologique continue de progresser dans la filière. Il y a aujourd’hui davantage d’initiatives autour de la seconde main, de la RSE ou de la collecte. »
François Guitton
AC : La collecte et redistribution des lunettes se développe dans le secteur. Quelle est votre approche ?
FG : Nous ne sommes pas dans une logique concurrentielle avec les autres initiatives. Au contraire, nous voulons travailler de manière transversale avec tous les acteurs qui collectent des lunettes.
Pour nous, l’enjeu principal est la revalorisation des matériaux. Collecter pour incinérer ou enfouir les lunettes n’a pas de sens. L'idée qui nous anime est de pouvoir récupérer les matières et les réinjecter dans des circuits de production. L’écoresponsabilité ne se limite pas à une obligation environnementale. Elle peut aussi renforcer l’image des opticiens, créer du lien avec les clients et ouvrir de nouvelles opportunités de développement économique, notamment à travers la collecte, la seconde main et la revalorisation des matériaux. L’écoresponsabilité peut être un levier de croissance pour les opticiens.
AC : Des solutions concrètes sont-elles en préparation ?
FG : Nous sommes en discussion avec des partenaires industriels spécialisés dans la revalorisation des matériaux. Les choses avancent et nous espérons pouvoir structurer rapidement une filière de recyclage. Nous avons des actualités sur ce sujet que nous allons dévoiler prochainement.
Recycler la matière a un coût : transport, traitement, transformation. Et il faut ensuite que des fabricants acceptent d’intégrer ces matériaux dans leurs productions pour favoriser une économie circulaire.
AC : Quelles seront les prochaines étapes pour RecyclOptics ?
FG : La priorité est de structurer l’association et de faire un état des lieux des projets existants. Ensuite, nous voulons renforcer le dialogue avec l’ensemble de la filière : syndicats professionnels, industriels, organisateurs de salons. Notre ambition est simple : faire avancer concrètement l’écoresponsabilité dans l’optique-lunetterie.
*Le nouveau bureau de RecyclOptics est constitué de Francois Guitton (président), Julien Riehl (trésorier), Jean-Philippe Thierry (PDG de Verre2Vue), Adèle Fournier, fondatrice de Vision Janine), Romain Jagu (directeur R&D chez Ophtalmic Compagnie), Jeanne Moitel (commerciale et chargée RSE chez Transplast engineering), Florence Harivel (opticienne gérante), Camille Michelin (opticien).
