La téléconsultation s’est installée durablement dans les pratiques de santé, mais son rôle réel dans la lutte contre les déserts médicaux reste débattu. La comparaison entre deux études récentes de Medaviz (2025) et les données publiées par la Drees et l’Insee apporte un éclairage nuancé.
Un usage pas si urbain que ça ?
Du côté de Medaviz, les résultats semblent d’abord contredire l’idée d’un usage strictement urbain. Dans l’étude « Mutuelles et téléconsultation », 69 % des utilisateurs résident en dehors des grandes agglomérations, tandis que 72 % vivent hors Île-de-France.
Ce maillage territorial suggère une diffusion plus large de l’outil que celle décrite par la Drees, qui observe au contraire un usage deux fois plus élevé en ville (21 %) qu’en zone rurale (10 %).
Des praticiens et patients majoritairement jeunes
Cependant, cette apparente divergence doit être relativisée. Les données Medaviz ne précisent pas si les utilisateurs vivent en zones réellement sous-dotées en médecins. Habiter hors des grandes villes ne signifie pas nécessairement vivre dans un désert médical.
À l’inverse, l’étude de la Drees met en évidence une fracture nette : la téléconsultation reste avant tout un service adopté par des populations urbaines, plus à l’aise avec les outils numériques et en recherche de rapidité : les moins de 45 ans recourent quatre fois plus à la téléconsultation que les seniors, pourtant plus concernés par les besoins médicaux. Notons également que dans les études Medaviz comme celles de la Drees, les femmes représentent environ 60 % des utilisateurs de la téléconsultation.
Côté médecins, Medaviz indique que les praticiens eux-mêmes sont majoritairement jeunes (72,5 % ont moins de 50 ans) et plutôt spécialistes (61,9%).
Ainsi, malgré des nuances territoriales, un même constat s’impose : la téléconsultation est aujourd’hui portée par une population relativement jeune, connectée et autonome. Elle répond davantage à des logiques de confort — réduction des délais, accessibilité immédiate — qu’à une contrainte géographique stricte.
