Le déploiement mondial des nouvelles Ray-Ban Meta avec affichage intégré est décalé.
Face à des stocks limités et une demande qui dépasse toutes les prévisions sur le sol américain, Meta et EssilorLuxottica ont pris la décision de suspendre le lancement en Europe et au Canada, initialement prévu pour début 2026.
Priorité absolue au marché américain
La nouvelle est tombée via un billet de blog officiel de Meta : les consommateurs européens et canadiens devront patienter. Le géant américain a choisi de sécuriser son marché domestique avant d'étendre la distribution au Royaume-Uni, à la France, à l'Italie et au Canada.
Cette décision illustre les défis industriels auxquels font face les deux partenaires. Produire des lunettes aussi légères tout en y intégrant un affichage tête haute et une batterie performante reste un défi technique complexe, entraînant des rendements de production pour l'instant insuffisants pour satisfaire un lancement mondial simultané.
EssilorLuxottica s'envole en Bourse
Paradoxalement, cette « pénurie » est perçue comme un signal extrêmement positif par les marchés financiers.
Le titre EssilorLuxottica a bondi de près de 6 % sur le CAC 40 suite à cette annonce. Pour les investisseurs, cette rupture de stock aux États-Unis est la preuve du succès du produit.
Le groupe avait déjà enregistré une croissance organique historique de +11,7 % au troisième trimestre, portée par les précédentes générations de lunettes Meta.
Un saut technologique
Si l'attente s'allonge pour le public européen, c'est que les Ray-Ban Display ne sont plus de simples lunettes qui embarquent caméras et dispositif audio, mais une plateforme d'informatique spatiale. Plusieurs innovations pourraient justifier l'engouement actuel des consommateurs :
- La grande nouveauté réside dans l'intégration d'un écran tête haute (HUD) dans le verre. Cette interface permet de consulter ses notifications, de suivre un itinéraire GPS en temps réel ou d'utiliser un mode téléprompteur, idéal pour les prises de parole en public ou la création de contenu vidéo.
- Pour interagir avec cet affichage, Meta introduit son Neural Band. Un bracelet qui capte les signaux électriques des muscles du poignet pour les convertir en commandes. L'utilisateur pilote ses lunettes par des micro-gestes du bout des doigts, de manière quasi invisible pour son entourage.
- L'écriture spatiale combine les capteurs des lunettes et l'utilisation du bracelet neural et permet désormais d'écrire des messages « dans le vide ». Le système reconnaît le mouvement des doigts et retranscrit instantanément le texte, libérant l'utilisateur du clavier de son smartphone.
- Au-delà du gadget, ce duo lunettes-bracelet ambitionne de devenir une interface universelle. En collaboration avec l'Université de l'Utah, Meta mène des recherches pour évaluer comment cette technologie pourrait permettre aux personnes à mobilité réduite de reprendre le contrôle de leur environnement (domotique, enceintes, serrures) grâce à des gestes personnalisés adaptés à leurs capacités motrices.
