Depuis le 5 janvier, un mouvement social intersyndical mobilise une large partie de la profession médicale : médecins libéraux, internes, étudiants en médecine et cliniques privées. Les ophtalmologistes, à l'instar d'autres spécialités, ont rejoint le mouvement. C'est dans ce contexte de forte tension du système de santé que la ministre de la Santé Stéphanie Rist indique suivre la situation « avec la plus grande attention » et réaffirme son attachement au dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés.

Restaurer la confiance

Depuis son entrée en fonction, la ministre dit comprendre les inquiétudes et la colère exprimées par les médecins, tout en soulignant que les échanges avec les syndicats représentatifs n’ont jamais été interrompus. Ces discussions ont notamment porté sur la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, récemment adoptée, et sur la nécessité de restaurer durablement la confiance dans le cadre conventionnel liant les médecins libéraux à l’Assurance maladie.


Plusieurs propositions pour rassurer le corps médical

Pour répondre aux préoccupations de la profession, plusieurs propositions concrètes ont été mises sur la table. Le gouvernement prévoit ainsi de supprimer la réforme contestée de la procédure de mise sous objectifs, de généraliser le dispositif « SOS IJ* » d’ici juin 2026 et d’adapter les règles du cumul emploi-retraite pour les médecins exerçant en zones sous-denses. Un guichet unique d’aide à l’installation des médecins devrait également voir le jour sur tout le territoire avant fin 2026.

La ministre souhaite par ailleurs relancer les discussions conventionnelles, notamment sur l’imagerie médicale, l’OPTAM et les dépassements d’honoraires, tout en renonçant aux baisses unilatérales de tarifs prévues par la LFSS 2026. Enfin, la finalisation de la quatrième année d’internat de médecine générale et la création d’un observatoire de l’exercice de la médecine générale figurent parmi les chantiers annoncés. Le syndicat national des ophtalmologistes de France a salué la démarche d'écoute et les propositions formulées par le ministère de la Santé. 


*SOS IJ est un service d’aide aux prescripteurs face aux situations complexes liés aux arrêts maladies, actuellement déployé dans les départements du Rhône et de l'Eure et Loir. Il permet au médecin de contacter le service médical de la CPAM afin d’exposer les cas difficiles et de lui confier la responsabilité de proposer les solutions.