Données de santé, objets connectés et accès aux soins, comment les Français voient-ils l'évolution de notre système de santé pour les 30 prochaines années ? C'est à cette question que tente de répondre la 3ème vague de l'Observatoire Roche sur « les Français et la recherche en santé »*.

Résultats : nos concitoyens oscillent entre confiance et inquiétude. 50% d'entre eux pensent qu’en 2045, la France sera chef de file dans le domaine de la santé ; cependant pour 85% des personnes interrogées, ces 30 prochaines années seront sources d’inégalités d’accès aux soins. Ils ont aussi pleinement conscience du potentiel de la santé connectée et de la valeur des données de santé pour la recherche. Globalement, les 3 prochaines décennies seront révolutionnaires dans le bon sens du terme pour 69%, mais angoissantes pour 61% des répondants.

Le Français acteur de sa santé et de la recherche 

Pour 56% des Français, en 2045 la santé connectée et les applications feront partie du quotidien et vont même remplacer la plupart des visites chez le médecin (32%). Une large majorité pense que le patient se connectera via son ordinateur pour une visite virtuelle avec le premier médecin disponible à distance (81%) et participera au diagnostic de son propre état de santé grâce à des applications et des logiciels (78%). 70% des Français pensent également qu'ils vont devenir acteurs de la recherche, en participant à des études et essais cliniques menés par des communautés de patients. 4 sondés sur 10 se disent déjà prêts à vivre avec un robot à domicile pour les aider à rester en bonne santé.

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Partager ses données de santé : oui mais…

Sur l’utilisation des données de santé à des fins de recherche : 

  • 42% pensent que la santé connectée et les applications constituent un moyen efficace de collecter des données ;
  • 82% estiment que leurs données de santé sont déjà utilisées sans qu’ils le sachent ;
  • 78% s’accordent à dire que partager ses données de santé est un acte citoyen qui fera progresser la recherche à condition que ce ne soit pas une obligation (47%).

Conscient de leur valeur, 1 Français sur 5 est prêt à monnayer ses données de santé et chez les 18-24 ans, ils sont 36% à vouloir les vendre et non les donner.

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“Les exigences de la société ont changé et la population est prête à apporter son soutien, à devenir acteur de la santé et de la recherche, mais pas à n’importe quelles conditions. Comment, dans l’industrie et dans la recherche publique, entendre les appels de la société ? Comment œuvrer ensemble notamment vis-à-vis du numérique et des données de santé ? Comment explorer ensemble ? Comment agir sans tarder mais de manière responsable ?”, interroge Dominique Vinck, sociologue des sciences et de l'innovation et professeur à l'Université de Lausanne.

*Menée du 2 octobre au 12 octobre 2017 par CSA Research auprès de 1004 individus représentatifs de la population française (âgés de 18 ans et plus), cette troisième vague renseigne sur la façon dont les Français imaginent la santé en 2045.