L’année 2025 restera comme un millésime historique pour l’audioprothèse. Selon les derniers chiffres de l’Assurance maladie, les remboursements d’aides auditives ont franchi pour la première fois la barre symbolique des 400 millions d’euros, pour atteindre précisément 407,1 M€. Un record absolu, en hausse de 7,9 % sur douze mois.

Rappelons que l'Assurance maladie participe à hauteur d'environ 25% du financement des aides auditives, classe 1 et classe 2 confondues (ainsi que 45% de la part des Ocam, et 30% par les ménages). 

Décembre 2025, un mois exceptionnel

Avec 44,4 M€ remboursés en décembre, l’Assurance maladie signe le montant mensuel le plus élevé jamais enregistré. C’est 10 M€ de plus qu’en novembre 2025, et +18,4% par rapport à décembre 2024. Décembre 2025 apparaît donc comme un véritable bond statistique, venu couronner une année déjà exceptionnelle.

Un effet cumulé 100 % santé

Quatre ans après l’entrée en vigueur de la réforme 100 % santé qui avait déjà fait exploser les compteurs pour la profession en 2021, la dynamique semble pleinement installée. Les patients équipés en 2021 reviennent désormais pour un renouvellement, s’ajoutant aux néo-appareillés de 2025.

Plusieurs facteurs expliquent cette progression : meilleure connaissance du dispositif par le grand public, visibilité accrue des audioprothésistes, et orientation plus systématique des patients par les ORL vers l’appareillage. À ce stade, l'année 2026 s'annonce tout aussi dynamique - du moins rien n'indique l'inverse.

Comparaisons à manier avec prudence

Depuis janvier 2025, l’Assurance maladie a élargi son champ d’analyse à l’ensemble du territoire français, et non plus à la seule métropole. Si la comparaison avec les exercices précédents doit donc être nuancée, la hausse reste manifeste : en 2024, les remboursements s’élevaient à 370,3 M€.

La place de la fraude

Bien qu'elle soit le fait d'une petite minorité d'acteurs du secteur, la fraude en audio a pris une place grandissante depuis la mise en place du 100% Santé. Néanmoins, elle est le plus souvent détectée et stoppée avant la prise en charge par l'Assurance maladie. L'amplification et l'amélioration des contrôles, ainsi que l'obligation depuis le 1er janvier 2025 de présenter une carte vitale pour toute demande de tiers-payant, devraient avoir porté leurs fruits pour limiter la fraude en 2025. Verdict au mois de mars, lors de la prochaine conférence de presse de l'Assurance maladie sur ce sujet.