La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé le 31 mars 2026 une série de décisions qui concerne les instances ordinales de santé. Cette annonce fait suite à un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) qui a révélé de graves dérives de gestion et disciplinaires.

Des faits passibles de poursuites pénales

L'Inspection générale des finances (IGF) a mené, à l'automne 2025, une mission de vérification auprès des ordres des médecins, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes.

Les conclusions de l'IGF font état de faits « susceptibles de constituer des infractions pénales », ce qui a mené le service d'inspection à saisir la procureure de la République de Paris sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale.

Le communiqué détaille des irrégularités majeures dans la gestion financière comme des indemnités et défraiements insuffisamment justifiés, des dépenses élevées, un manque de contrôle et des manquements aux règles de la commande publique.

L'inspection pointe également des « défaillances majeures » dans les missions disciplinaires. Des signalements concernant des faits d'une « particulière gravité » seraient restés sans suites ou auraient été traités avec des délais incompatibles avec la protection des patients.

Le Conseil de l’Ordre de Paris menacé de dissolution

Le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris (CDOM 75) est au cœur de cette crise. La ministre a officiellement demandé au Conseil national de l'Ordre d'examiner si les conditions pouvant conduire à la dissolution du CDOM 75 sont remplies. Le cas échéant, le directeur général de l'ARS Île-de-France pourrait prononcer cette dissolution.

Sous l'égide de l'Igas (inspection générale des affaires sociales), un plan d'action est lancé pour refonder le cadre d'intervention des ordres. L'objectif est d'assurer une transparence financière totale et une traçabilité systématique des signalements disciplinaires. Les premiers résultats sont attendus pour le mois de mai.

Interrogée sur la gravité de la situation, la ministre Stéphanie Rist a déclaré :

« Les faits révélés sont graves. Ils appellent des réponses immédiates et une transformation en profondeur. La justice est saisie, des décisions ont été prises, et nous irons jusqu’au bout pour garantir que les ordres professionnels remplissent pleinement leur mission de protection des patients et des praticiens ».

 

Cette décision arrive quelques jours après la sanction prononcée par l'Ordre des médecins de Paris à l'encontre d'un ophtalmologiste chef de service à Paris pour avoir réalisé des prescriptions via la plateforme de téléexpertise Sym Care Lab.