Le plan VEO ("je vois" en espagnol) est officiellement entré en vigueur en Espagne le 17 décembre 2025, marquant une nouvelle étape dans la politique de santé visuelle pédiatrique du pays. Validé par le ministère de la Santé, ce dispositif prévoit l’octroi d’une aide directe pouvant atteindre 100 euros par bénéficiaire pour l’achat de dispositifs d’aide visuelle destinés aux enfants et adolescents de 16 ans ou moins.
Pensé comme une mesure exceptionnelle de santé publique, le plan vise à réduire les barrières économiques qui freinent l’accès à la correction visuelle chez les mineurs. En Espagne, les amétropies – myopie, hypermétropie ou astigmatisme – concernent entre 10 % et 30 % des enfants scolarisés. Comme chacun sait, non corrigés, ces troubles ont un impact direct sur les performances scolaires, le développement psycho-social et la qualité de vie.
Une sorte de 100% Santé à l'espagnole, mais temporaire
L’aide, dont le budget global alloué atteint 47,75 millions d’euros, est disponible uniquement jusqu’au 31 décembre 2026. Il couvre les produits optiques essentiels : monture de base avec verres organiques antireflet, renouvellement de verres unifocaux, lentilles de contact, ainsi que les solutions d’entretien nécessaires sur une durée d’un an. Si le coût total est inférieur à 100 euros, la prise en charge est intégrale. Au-delà, le reste à charge revient à la famille. Le plan est par ailleurs cumulable avec les prises en charge de certaines mutuelles, dans la limite du plafond fixé.
La demande doit être effectuée par les parents ou tuteurs auprès d’un magasin d’optique participant, sur présentation d’une ordonnance conforme. Le rôle de l’opticien-optométriste est ici central : c’est lui qui saisit le dossier sur la plateforme dédiée et assure le suivi administratif.
Une adhésion immédiate, mais des critiques
Le démarrage du plan a été particulièrement dynamique. Dès le premier jour, 4 500 établissements et près de 8 500 opticiens se sont inscrits au dispositif, sous l’égide du Conseil général des collèges d’opticiens‑optométristes.
Toutefois, le plan VEO ne fait pas l’unanimité. La Société espagnole d’ophtalmologie (SEO) a exprimé de vives réserves, dénonçant des « lacunes cliniques et de sécurité », notamment la possibilité pour les optométristes de prescrire sans examen ophtalmologique préalable ni réfraction sous cycloplégie. L’organisation appelle le ministère à revoir le dispositif afin de réserver la prescription des aides visuelles pédiatriques aux seuls ophtalmologistes.
