Lors du Congrès d’Optométrie et de Contactologie (C.O.C.) 2026, Sophie Caldeira, opticienne spécialisée dans les troubles du syndrome de deficience posturale et trouble « Dys », a dressé un état des lieux du lien entre apports nutritionnels et prévention des maladies oculaires.
La santé visuelle ne dépend pas uniquement de l'âge ou de la génétique, mais de la capacité de l'œil à résister au stress oxydatif. Ce phénomène de « rouille » cellulaire s'attaque aux membranes oculaires et entraîne des pathologies contre lesquelles la nutrition joue un rôle de pilier préventif.
DMLA et cataracte
S’appuyant sur l’étude bordelaise Alienor (suivi de 18 ans sur 10 000 personnes), Sophie Caldeira confirme qu'en 2025, l'assiette influence directement la résistance au vieillissement de l'oeil.
Les protocoles Areds montrent qu’une synergie de vitamines C (agrumes, kiwi, fraises), E (amandes, graines de tournesol), de zinc et de cuivre réduit de 25 % le risque de progression vers une DMLA avancée. L'étude Areds2 a affiné ces résultats en remplaçant le bêta-carotène (risqué pour les fumeurs) par la lutéine (épinards, kale, poivrons) et la zéaxanthine (maïs, œufs, choux de Bruxelles), pigments naturels de la macula qui filtrent la lumière bleue.
L'apport en Oméga-3 (saumon, huile de lin, noix) est réduit le risque de DMLA et lutte contre la sécheresse oculaire.
En ce qui concerne la cataracte, la vitamine C reste l'atout majeur pour prévenir l'opacification des protéines du cristallin.
Diabète et glaucome
L'intervention a rappelé les chiffres : la rétinopathie diabétique touche 30 % des diabétiques et jusqu'à 60 % des patients de type 2.
Si le contrôle glycémique est vital, le stress oxydatif est le facteur clé de l'inflammation des vaisseaux rétiniens. Pour le glaucome, Sophie Caldeira préconise la consommation de flavonoïdes (thé vert, ginkgo biloba) et de vitamine B3 pour assurer la neuroprotection des fibres du nerf optique.
En résumé, l'œil nécessite une « équipe de protection » :
- Le zinc (viande rouge, fruits de mer), indispensable transporteur de la vitamine A du foie vers la rétine ;
- La vitamine A (carottes, épinards, foie), pour la vision nocturne et la santé rétinienne ;
- Le fer, soutien du métabolisme rétinien (2 à 2,5 mg/jour).
- L’agent B12, « chauffeur privé » du message visuel, il garantit l'énergie nécessaire au nerf optique pour transmettre les images sans « bug ».
- Le sélénium, le cuivre (crustacés, poissons, volailles, ail, brocoli) et le manganèse (algues, jaune d'œuf, fruits secs, céréales complètes) protègent les cellules contre les dommages oxydatifs et aident à la production d'énergie cellulaire.
En prenant le temps d'échanger sur les habitudes de vie de ses clients, l'opticien devient un acteur clé de la prévention, capable d'orienter vers des ajustements alimentaires bons pour leur santé visuelle.
