On sous-estime souvent l'impact de notre mode de vie sur notre vision, à commencer par notre alimentation.
Au-delà de la simple correction optique, Sophie Caldeira*, opticienne spécialisée, montre comment notre santé visuelle dépend étroitement de notre hygiène de vie.
Elle souligne les liens méconnus entre microbiote, mode de cuisson et équilibre postural.
La cuisson douce et les pièges de l'alimentation moderne
Se référant aux travaux des docteurs Seignalet et Joyeux, Sophie Caldeira a mis en avant la dénaturation des nutriments par la chaleur. Les cuissons à haute température oxydent les bonnes graisses et détruisent les vitamines essentielles à la cornée et au cristallin.
Elle conseille donc de privilégier la cuisson vapeur ou à l'étouffée et d'utiliser des huiles (colza, noix, olive) vierges et pressées à froid.
À lire aussi: Les conseils alimentaires pour prévenir glaucome, cataracte, DMLA et pathologies rétiniennes
Sécheresse oculaire et axe intestin-oeil
La sécheresse oculaire, qui touche un adulte sur deux, trouve souvent sa source dans un microbiote déséquilibré.
Une inflammation intestinale impacte directement la qualité des larmes. Sophie Caldeira recommande une hydratation de 1,5 litre d'eau par jour et un apport en Oméga-3 pour soutenir les glandes de Meibomius et réduire l'inflammation de la surface oculaire.
Le lien posturologique : l’œil au centre du corps
En tant que posturologue, Sophie Caldeira a expliqué qu'un œil mal nourri ou fatigué perturbe la proprioception.
Pour compenser une vision instable, le corps adopte des postures délétères : inclinaison de la tête, cervicales crispées et épaules verrouillées. Prendre soin de sa « nutrition visuelle », c'est donc préserver son équilibre postural global.
L'opticien, acteur de santé publique
Sophie Caldeira vous suggère quelques questions simples à poser à vos clients en magasin :
- « Consommez-vous des légumes verts (épinards, brocolis) 2 à 3 fois par semaine ? »
- « Votre vision varie-t-elle après un repas ? » (indice de fluctuation glycémique).
- « Mangez-vous des œufs ? » (source de lutéine).
Ces questions permettent d'identifier les fragilités avant l'apparition de symptômes, et inscrivent l'opticien dans une démarche de santé publique.
*En lien avec sa présentation sur l'alimentation, Sophie Caldeira, opticienne spécialisée dans les troubles du syndrome de deficience posturale et trouble « Dys », a profité du C.O.C. 2026 pour exposer une vision globale de la santé oculaire, où le microbiote, le mode de cuisson et la posture sont intimement liés.
