Selon une étude publiée par la Drees en janvier 2026, la complémentaire santé solidaire (C2S) remplit largement son objectif : garantir aux ménages modestes un accès aux soins sans barrière financière. En 2021, huit bénéficiaires sur dix n’ont ainsi eu aucun reste à charge, ou un montant inférieur à un euro sur l’année.
L’analyse porte sur 4,1 millions de personnes ayant bénéficié de la C2S sans interruption entre 2020 et 2022 et ayant eu recours à au moins un soin remboursable. Leur reste à charge annuel moyen s’élève à 26 euros, contre 275 euros pour l’ensemble de la population. Pour 90 % d’entre eux, il reste inférieur à 30 euros. Toutefois, une minorité – 10 % des bénéficiaires – concentre des restes à charge nettement plus élevés, atteignant en moyenne 250 euros par an.
Optique : le panier C2S largement privilégié
En optique, la C2S apparaît particulièrement protectrice. Parmi les 22 % de bénéficiaires ayant acheté un équipement en 2021, près de 80 % n’ont eu aucun dépassement tarifaire. Ce résultat s’explique par un recours massif au panier C2S sans reste à charge : 90 % des bénéficiaires y ont eu recours, contre seulement 18 % dans la population générale avec le panier 100 % santé. Néanmoins, pour les 21 % ayant opté pour un équipement hors panier, le reste à charge moyen grimpe à 173 euros, traduisant des choix liés à l’esthétique, au confort ou à des besoins visuels spécifiques insuffisamment couverts par l’offre standard.
Les lentilles de contact sont prises en charge sous certaines conditions et dans la limite du forfait annuel de la Sécurité sociale pour les bénéficiaires de la C2S.
Dentaire : une couverture efficace, sauf en orthodontie
Le constat est similaire en dentaire. Parmi les 9 % de bénéficiaires ayant eu recours à des prothèses, 94 % n’ont eu aucun reste à charge, grâce à une utilisation majoritaire du panier C2S. En revanche, pour les 6 % sortant de ce cadre, le reste à charge atteint en moyenne 548 euros. L’orthodontie reste un point de fragilité : bien que couverte par des forfaits spécifiques, elle génère encore 66 euros en moyenne dans le reste à charge des 10 % de bénéficiaires les plus exposés, notamment en raison de plafonds et de conditions d’âge.
Audiologie : des restes à charge rares mais élevés
En audiologie, seuls 1 % des bénéficiaires de la C2S ont acheté des aides auditives en 2021. Trois quarts d’entre eux n’ont rien payé, mais pour le quart restant, le reste à charge est particulièrement élevé, dépassant 1 000 euros en moyenne. Ce poste illustre le coût encore très important des équipements hors forfaits, malgré une prise en charge renforcée dans le cadre de la C2S.
Rappelons que les prothèses auditives sont, dans le dispositif C2S, toutes remboursées à hauteur de 800 euros par oreille, alors que, dans le dispositif 100 % santé, elles sont totalement remboursées si elles appartiennent à la classe 1.
Concernant les consultations médicales
Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) affichent des comportements de recours aux soins médicaux globalement comparables à ceux de l’ensemble de la population, attestant que la suppression des barrières financières favorise l’accès aux consultations. L'étude de la Drees souligne que ces patients obtiennent des rendez-vous médicaux dans des proportions similaires à celles des patients non bénéficiaires, notamment pour les consultations de médecins généralistes, ophtalmologues ou pédiatres, malgré un contexte d’accès parfois difficile pour tous les profils. Cette tendance traduit une intégration effective des bénéficiaires dans le parcours de soins de ville, sans discrimination notable dans l’accès aux consultations de routine. Cependant, d’autres travaux mettent en lumière que la compréhension et l’usage effectif de la C2S varient selon les groupes, notamment chez les jeunes ou les étudiants pour lesquels le non-recours demeure élevé, ce qui peut indirectement limiter leur recours médical réel.
