À l'occasion du quatrième anniversaire de « Mon espace santé », l'Assurance Maladie et la Délégation au numérique en santé (DNS) ont dressé, le 29 janvier, un bilan d'étape.
Un déploiement massif et une adoption croissante
Quatre ans après son lancement, près de 97 % de la population dispose aujourd’hui d’un profil, avec 24 millions de profils activés début 2026.
Plus de 420 millions de documents ont été déposés en 2025, principalement par les professionnels de santé. En moyenne, 2,5 millions de personnes se connectent chaque mois à leur espace.
Le gouvernement affiche désormais l'objectif d'atteindre les 40 millions d'utilisateurs d'ici 2027.
Cap sur la prévention personnalisée
Au-delà du simple « coffre-fort numérique », Mon espace santé change de dimension pour devenir un outil de suivi actif. Les autorités ont défini trois priorités majeures pour les mois à venir :
- Notifications ciblées : envoi de rappels de prévention basés sur l'âge, le sexe et les habitudes de vie.
- Parcours dédiés : mise en place de suivis spécifiques pour la grossesse, l'enfance et les maladies chroniques (le diabète fera l'objet d'un premier focus dès 2026).
- Accès aux aidants : une ouverture prochaine est à l'étude, sous réserve d'évolutions législatives.
Cette logique de prévention s'étend également à la santé visuelle et auditive. Grâce à l'interopérabilité avec des services externes référencés, les usagers pourront partager leurs données de manière sécurisée. L’intégration du programme Icope de l’OMS (via un auto-questionnaire pour les plus de 60 ans) illustre cette volonté de repérage précoce des facteurs de risque.
Simplification pour les professionnels : la fin des pénalités
Côté praticiens, le discours se veut rassurant. Les autorités ont confirmé renoncer à toute logique de pénalités en cas de non-alimentation du Dossier Médical Partagé (DMP). L’accent est désormais mis sur la simplification des usages via la deuxième vague du Ségur du numérique en santé.
L'objectif est d'améliorer l'ergonomie des logiciels métiers pour faciliter la consultation directe des données.
« L’enjeu est désormais de permettre aux professionnels de consulter plus facilement les informations clés utiles à la prise en charge de leurs patients et de mieux se coordonner entre eux, en leur faisant gagner du temps médical », précise le ministère de la Santé. Ce déploiement, qui débute en 2026 pour la médecine de ville et l’imagerie, s'étendra aux auxiliaires médicaux jusqu'en 2028.
Un rempart de souveraineté numérique
Dans un contexte de forte concurrence des plateformes privées et extra-européennes, le gouvernement réaffirme le caractère public et souverain de Mon espace santé.
Le projet est présenté comme un levier stratégique de politique de santé publique qui garantit la sécurité des données des Français face aux géants du numérique.
