Lancé en 2021, le verre de freination de la myopie Essilor Stellest s’est progressivement imposé dans le paysage de l’optique française. Adoption par les professionnels, réception par les familles, preuves cliniques, remboursement, prévention… Où en est-on aujourd’hui ? Nous avons dressé le bilan avec Essilor.

Acuité : Quatre ans après son lancement, quels sont les chiffres clés de Stellest en France ?

Prûne Marre, directrice générale d'Essilor France :  Le premier chiffre marquant, c’est évidemment celui des enfants équipés : plus de 250 000 enfants portent aujourd’hui des verres Essilor Stellest en France depuis 2021.
portrait_prune_marre_essilor_france_stellest.pngComme il s’agit d’un verre de prescription, cela signifie que les ophtalmologistes se sont largement emparés du sujet. Une étude menée fin 2024 par Galileo Business Consulting montre que 96 % des ophtalmologistes libéraux ont déjà prescrit ou sont prêts à prescrire une solution de contrôle de la myopie. C’est un signal extrêmement fort, qui illustre la capacité des médecins à se former et à faire évoluer leurs pratiques face à l’innovation.

Du côté des opticiens, la dynamique est également très positive : plus de 10 000 magasins d’optique ont été formés et ont déjà vendu au moins une paire de verres Stellest.
Si l’on intègre le renouvellement régulier des équipements – inhérent au suivi de la myopie chez l’enfant – on peut estimer que plus de 500 000 verres ont été délivrés depuis le lancement. Depuis le 6 janvier, nous avons lancé les verres Essilor Stellest 2.0, une nouvelle génération au signal deux fois plus puissant, permettant de ralentir encore davantage l’allongement de l’œil myope.

Acuité : Malgré cette progression, quels sont aujourd’hui les freins au déploiement des verres de freination ?

Prûne Marre : Le principal frein reste l’information et la sensibilisation du grand public. Une étude Ipsos montre que plus de 90 % des parents français sont en attente d’informations sur la myopie et sur les solutions de freination, de la part des ophtalmologistes et des opticiens. Les freins identifiés sont clairs : information, sensibilisation et dépistage.
Les professionnels sont formés, les solutions existent, mais il faut oser en parler davantage, pendant la Semaine Nationale de la Myopie, bien sûr, mais aussi tout au long de l’année.

Il y a également un enjeu majeur autour du dépistage précoce. Les créneaux chez les ophtalmologistes sont de plus en plus ouverts, ce qui permet de détecter plus tôt les enfants à risque et de proposer immédiatement une prise en charge et des conseils concrets de prévention dont l'efficacité a été prouvée (au moins 2 heures par jour en extérieur, limitation des écrans...).

Enfin, on ne peut pas nier qu’il existe parfois un frein financier, mais dans les faits, lorsque les parents comprennent l’intérêt à long terme pour la santé visuelle de leur enfant, l’adhésion est très forte.

Acuité : Justement, que pensez-vous du niveau de remboursement des verres de freination ? Faut-il un remboursement spécifique pour Stellest ?

Prûne Marre : Il est important de clarifier un point : le verre Essilor Stellest est inscrit sur la liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR).
Il est pris en charge dans le cadre des lignes génériques des verres unifocaux, comme c’est le cas en optique médicale, par l’Assurance Maladie Obligatoire et par les complémentaires santé.

Le fait que plus de 250 000 enfants aient été équipés montre très concrètement que le verre est prescrit, délivré et remboursé.

Par ailleurs, Stellest bénéficie de preuves cliniques robustes dont des études, non contestées. Ainsi on sait qu’après 6 ans de port, le ralentissement moyen de la progression de la myopie est de 1,95 dioptrie, et le ralentissement moyen de l’élongation axiale de 0,81 mm pour les jeunes équipés de verres Essilor Stellest par rapport aux groupes contrôles combinés.

Acuité : La prévention est essentielle. Pourquoi n’existe-t-il pas de grande campagne nationale pilotée par les pouvoirs publics ?

Prûne Marre : La filière visuelle française est engagée et responsable dans la prévention depuis longtemps. L’ASNAV agit depuis plus de 70 ans, avec de nombreuses actions de sensibilisation et de dépistage, notamment autour de la Journée mondiale de la vue.

Nous sommes également partenaires fondateurs des campagnes « Ensemble contre la myopie », qui fédèrent aujourd’hui un large collectif d’acteurs de la filière. À cela s’ajoute le Livre blanc “Santé visuelle 2030 : voir plus loin”, qui propose 13 initiatives et 34 mesures, allant de la formation des professionnels de santé visuelle aux dépistages tout au long de la vie.

Acuité : Et pour la suite ?

Prûne Marre : Nous sommes pleinement engagés dans la recherche, notamment avec le projet PREMYOM, un programme français majeur actuellement en cours.
Notre stratégie est claire :

  • repousser les limites de la connaissance ;
  • améliorer nos procédés de fabrication ;
  • déployer la fabrication en France, au Laboratoire d’Excellence et certifiés OFG ;
  • et surtout préparer les solutions du futur, plus personnalisées.

Notre ambition, à terme, n’est pas seulement de freiner la myopie… mais de pouvoir un jour l’arrêter.

 

hd_essilorluxottica_laboratoire_d_excellence_01_lignes_d_usinage_verres_optiques.jpg

Site de production des verres Stellest à Wissous (91)