Annoncée un temps comme partenaire du BHV Marais, la plateforme low-cost de l'optique-lunetterie Blacksheep ne s’y installera finalement pas. Mais son fondateur, Pierre Wizman, assure que « l’ouverture aura bien lieu, juste à côté, dès le mois prochain ». L’entrepreneur français, qui est également co-fondateur de l'enseigne Polette connue pour son ton provocateur et ses modèles vendus en ligne à prix cassés, revient avec un concept qu’il présente comme une « révolution » pour l’optique mondiale qui signe une nouvelle ère, avec l'ambition d'enterrer l'optique traditionnelle.
Retrouvez l'interview vidéo ci-dessus.
Une ouverture parisienne… mais pas au BHV
L’information d’une implantation de Blacksheep au BHV Marais a circulé, à commencer sur Acuité, avant d’être démentie. « On avait un accord, mais pour des raisons de conflit d'intérêts, le projet ne se fera pas. Nous ouvrirons finalement à quelques mètres de là, au 91 rue de Rivoli, avec le même concept qui était prévu », précise Pierre Wizman.
Le futur showroom parisien proposera une connexion directe entre les consommateurs et les usines de fabrication chinoises. Les visiteurs pourront essayer les montures, bénéficier d’un test visuel gratuit et acheter leurs lunettes au prix d’usine, sans intermédiaire.
Ce “showroom révolutionnaire”, comme le décrit son fondateur, prévoit de diffuser en temps réel les images des ateliers partenaires en Chine. Objectif : montrer sans filtre les conditions de production des montures et des verres.
« On veut prouver que ces usines sont modernes, propres, transparentes. Il n’y a rien à cacher », souligne Pierre Wizman.

Pierre Wizman, lors de notre interview vidéo (à retrouver en haut de page)
Un concept né de 20 ans d’expérience dans l’optique
Blacksheep est la synthèse de vingt années d’expérience dans le secteur. Pierre Wizman et ses équipes exercent à la fois comme designers, fabricants et distributeurs. « Nous avons appris à produire, à vendre en ligne et à résoudre les problèmes pratiques, comme les ajustements et le SAV. Acheter ses lunettes sur internet n’a rien d’impossible si c’est bien fait », insiste-t-il.
L’objectif : proposer des produits à prix « justes et transparents », en supprimant les marges liées aux marques et aux réseaux de distribution. Sur Blacksheep, les montures sont proposées entre 2,50 € et 25 €, avec des matériaux allant du TR90 au titane japonais ou à l’acétate italien.
Côté verres, les prix défient toute concurrence : 5 € pour des verres unifocaux avec traitements, 25 € pour des progressifs freeform.
« Une plateforme mondiale, à la manière d’Uber ou d’Airbnb »
Pour Pierre Wizman, Blacksheep ne se contente pas de casser les prix : il s’agit d’un changement de paradigme.
« Nous ne venons pas disrupter le marché comme Free la fait en téléphonie, nous sommes plutôt comme Airbnb qui met en relation des propriétaires d'immobilier directement avec des locataires, ou Uber avec des chauffeurs de véhicules. Blacksheep met en relation directe les fabricants et les consommateurs, partout dans le monde », explique-t-il.
La plateforme, lancée le 25 juin 2025, compte déjà plus de 50 usines partenaires et revendique plusieurs millions de dollars générés. Pierre Wizman parle d’un potentiel de « plusieurs milliards » pour les fabricants à terme.
Cette approche « sans marque, sans intermédiaire et sans frais cachés » se veut transparente et communautaire. « Chacun peut s’y inscrire, du fabricant chinois au lunetier jurassien, à condition d’afficher le meilleur prix. »
Une communication toujours provocatrice
Fidèle à son style, Pierre Wizman assume le ton frontal de Blacksheep, déjà expérimenté avec Polette. « Oui, on est provocateurs. Mais on parle vrai, et surtout, on vient avec de l’expérience et des chiffres », affirme-t-il.

Stand de Polette au Mido.
Il revendique un discours de rupture face à une optique « vieillissante » et « déconnectée du pouvoir d’achat réel des consommateurs ».
« Quand un verre progressif est vendu 1 200 € alors qu’il coûte 40 € à produire, il faut oser poser la question », insiste-t-il.
Polette continue son expansion à l’international
Interrogé sur la santé financière de Polette, son directeur général dément toute difficulté.
« Polette n’a jamais levé un centime et n’a jamais connu une seule année négative. Nous ouvrons actuellement de nouveaux magasins aux États-Unis — à Los Angeles, Santa Barbara, Malibu — mais aussi en Chine et au Mexique. »
Concernant la fermeture du point de vente nantais, il évoque « des raisons de sécurité, Nantes étant la ville la plus dangereuse de France » plutôt qu’un problème économique.
Une alternative au remboursement mutuelle
Contrairement aux enseignes traditionnelles, Blacksheep ne cherche pas à s’inscrire dans le système de remboursement français.
« Notre objectif, c’est de proposer des lunettes au meilleur prix, sans dépendre d’un modèle de remboursement qui fait gonfler artificiellement les tarifs. »
Pour Pierre Wizman, la crise du pouvoir d’achat rend ce positionnement incontournable : « Quand la moyenne d’une paire est à 450 €, on ne peut plus faire comme avant. »
Vers une nouvelle ère pour l’optique ?
Derrière la provocation, Pierre Wizman se veut pragmatique :
« Nous arrivons à la fin d’une ère et au début d’une nouvelle. Blacksheep, c’est une plateforme mondiale, transparente, performante et adaptée à son époque. »
Avec son showroom parisien imminent et une ambition internationale assumée, le fondateur de Polette et de Blacksheep compte bien redéfinir la chaîne de valeur de la lunetterie — quitte à bousculer une industrie qu’il juge « trop chère, trop fermée, et en décalage avec la réalité du marché ».
Exemple de publications sur le compte Instagram Blacksheep revolution :



Ce type d’offre ultra-low-cost donne l’impression que l’optique se résume à une simple vente de produits, alors qu’il s’agit avant tout d’un acte d’ajustement, de mesure et de suivi visuel.
En supprimant l’expertise d’un professionnel diplômé, on risque de banaliser un équipement médical et d’augmenter les problèmes de confort et de sécurité visuelle chez les utilisateurs.
Je défends au contraire l’importance de la qualité, du conseil et du contrôle réalisés par un opticien qualifié.
Pour le coup c'est encore plus l'opportunité de valoriser la qualité des montures artisanales & des verres français.
Le consommateur final fera son choix entre réelle qualité/durabilité/étique ou quantité.
A nous de pleinement valoriser l'artisanat et le service personnalisé
Et les conditions de travail locales?
Ne pas communiquer sur cette « enseigne »serait le meilleur moyen Le silence est d’or
https://www.acuite.fr/actualite/profession/290685/fraude-douaniere-presomption-dinnocence-pour-une-enseigne-doptique
Notre presse professionnelle alimente ensuite la presse grand public. Elle se doit d'être plus qu'une simple caisse de résonnance.
Nous avons mis le lien en fin d'article, et la question lui est posée 2 fois pendant l'interview vidéo. Le parquet européen a aussi été sollicité pas plus tard qu'aujourd'hui pour savoir où en est l'enquête.