Sur deux jours, le 43e congrès d'optométrie et de contactologie a ressemblé les 25 et 26 janvier 2026 un millier de participants autour d'une cinquantaine de conférences de haute qualité et plus d'une vingtaine d'exposants. 

En conclusion de ce rendez-vous de la profession, Thibaud Thaëron, président de l’Association des optométristes de France (AOF), a livré un discours dense, engagé, et résolument tourné vers l’avenir de la profession.

D’emblée, il a tenu à rappeler que le COC repose avant tout sur une dynamique collective : une équipe de bénévoles, opticiens et optométristes, investis pour accompagner la profession au quotidien.

« Sans eux, cet événement n’existerait tout simplement pas. »

Au cœur de son intervention, les résultats d’un baromètre révélateur des attentes du terrain. Plus de 50 % des répondants placent la santé visuelle comme valeur centrale de leur métier, et appellent clairement à une valorisation de l’optométrie.

« C’est un message fort, clair, qui nous oblige. »

Un signal également confirmé auprès des étudiants rencontrés dans les centres de formation : eux aussi choisissent massivement la filière pour contribuer à la santé visuelle. Pour Thibaud Thaëron, la profession est donc « prête à évoluer » et à prendre un nouveau virage.

Ce virage, il est déjà en cours ailleurs : délégations de tâches, protocoles, pratiques avancées… autant d’évolutions observées chez les infirmiers, pharmaciens ou orthoptistes. Pourtant, l’opticien français reste à l’écart.

« En trente ans, notre cadre de compétences n’a quasiment pas évolué. »

La télémédecine et l’intelligence artificielle constituent, selon lui, une opportunité majeure — à condition de ne pas la laisser filer. Sans cadre légal clair et sans reconnaissance du rôle de l’opticien, le risque est réel de voir la profession cantonnée à un rôle de simple technicien.

« Se taire, c’est accepter l’effacement. »

Face à cela, l’AOF revendique trois priorités : intégration, formation et sécurisation juridique, notamment via une proposition de loi déposée en 2025 (PPL 1404). Cette dernière vise à optimiser le dépistage des pathologies oculaires en s’appuyant sur les opticiens pour réaliser un examen ophtalmologique sans contact physique avec l’œil via l’utilisation de technologies modernes (tonomètre à air, OCT, rétinophotographe, topographe et champ visuel), sans pour autant constituer un acte de diagnostic médical, agissant dans le cadre de protocoles organisationnels définis par un médecin déléguant.

 

En conclusion, un appel sans détour :

« Allez voir votre député. Battez-vous pour votre métier. »

Un message politique fort, à l’image d’un congrès qui aura clairement placé l’opticien au centre du débat sur l’avenir de la santé visuelle.