Comme tous les trois mois, le groupe Altares fait état des défaillances d’entreprises sur le trimestre écoulé en France. Dans notre secteur, le premier quart de l’année marque un léger retour à hausse par rapport à 2020, même si nous restons bien en deçà des chiffres des années précédentes.

Les chiffres en optique

Il y a eu 19 défaillances de magasins d'optique au 1er trimestre 2021. C’est 5 de plus qu’au 4e trimestre 2020 et 4 de plus qu’au 3e trimestre. Aucun trimestre de l’année 2020 n’avait atteint ce chiffre.

A titre de comparaison, à période équivalente, il y en avait eu :

  1. 15 au 1er trimestre 2020
  2. 28 au 1er trimestre 2019
  3. 42 au 1er trimestre 2018

Parmi les 19 défaillances des 3 derniers mois, on recense :

  • 16 liquidations judiciaires
  • 2 redressements judiciaires
  • 1 procédure de sauvegarde

Un recul général (encore) des défaillances

Sur l'ensemble des secteurs, on recense au 1er trimestre 7 406 défaillances d'entreprises, soit un chiffre bien inférieur au trimestre précédent (T4 2020 : 8 207 défaillances). Surtout, en comparant avec le 1er trimestre 2020 (le dernier à ne pas avoir subi - or dernière quinzaine de mars - le confinement), on constate un recul de 32,1% du nombre de défaillances.

Les PME beaucoup plus touchées

Rapidement, dans le détail, la majorité des défaillances (5 609 sur 7 406, soit près de 76%) concerne les TPE de moins de 3 salariés. La proportion monte à près de 89% si l’on y ajoute les TPE de 3 à 5 salariés. Seules 23 TPE de plus de 100 salariés ont défailli au 1er trimestre, pour seulement 4 liquidations judiciaires.

La bascule du mois de mars

Au cumulé, sur les 7 406 défaillances, seuls 1 493 redressements judiciaires ont été effectués, c’est plus de deux fois moins qu’au T1 2020. En revanche, 8 jugements sur 10 mènent désormais à la liquidation de l’entreprise. Un niveau jamais atteint en 20 ans. « Des chiffres concrets sur la détresse de centaines d’entreprises qui se trouvent en cessation de paiement, en dépit des dispositifs de soutien publics », explique Thierry Million, directeur des études Altares.

Il poursuit : « Le mois de mars pourrait constituer un point de bascule. Sur les deux dernières semaines de mars, les ouvertures de procédures explosent de 155 % comparées à la même période de 2020, qui marquait le début du confinement, le gel des cessations de paiement, la fermeture des juridictions et donc la suspension temporaire des audiences. »

Thierry Million analyse que « les entreprises qui ressortiront de cette crise dans les meilleures conditions sont celles qui, au-delà de leur propre situation financière, pourront compter sur des fournisseurs et des clients fiables et solides. » Ce que nous avons pu constater en optique, c’est que la clientèle reste au rendez-vous. De quoi se montrer optimiste.