Attentif aux enjeux de développement durable, d’abord avec la collection Juste puis avec la mise en place de présentoirs de solaires reconditionnées grâce à un partenariat avec Lunettes de Zac, l’enseigne mutualiste Ecouter Voir veut aller plus loin.
Elle a sollicité l'École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) et ses jeunes étudiants (entre 18 et 25 ans) pour reprendre de A à Z la fabrication de montures, avec, comme objectif, d’imaginer celles de demain. Pour cela, ces jeunes ingénieurs ont eu carte blanche, comme l’explique Arthur Havis, DG d’Ecouter Voir : « Les étudiants ont été très libres, nous n’avons pas voulu les enfermer dans un cadre précis, hormis l’aspect écoresponsable. Parmi les 22 étudiants, certains ont travaillé sur le design, d’autres sur la matière, sur le système de production, sur l’optimisation, sur chaque élément de la monture pour qu’elles soient le plus facilement reconditionnables que possible. Les résultats sont à la fois très différents et passionnants ».

Travailler sur la base des chutes de matière
L'oeil extérieur
Totalement étrangers du monde de l’optique, les étudiants ont commencé par une phase exploratoire sur l’histoire de la lunette, le lien avec la mode, la production…pour répondre à la question : « Comment faire du design avec comme cahier des charges la réparabilité des produits tout en ayant recours au moins de matière possible ? »
Jean-François Dingjian, designer et enseignant à ENSCI, a trouvé l’expérience enrichissante : « les étudiants étaient surpris d’apprendre qu’il y aurait 100 millions de paires de lunettes qui dorment dans les tiroirs, la quantité colossale de lunettes jetées chaque année, le gaspillage au niveau de la production industrielle…Les étudiants sont allés assez loin dans le maquettage et les prototypes, par exemple en utilisant une plaque d’acétate avec laquelle on fabrique d’habitude une trentaine de montures, ils ont trouvé un moyen d’en réaliser plusieurs centaines. Il fallait prendre en compte la complexité d’une paire de lunettes et la concevoir en réfléchissant à son cycle de vie entier. De nombreux secteurs industriels nous invitent à travailler sur ces sujets-là, ce n’est pas propre à la lunetterie ».

Les lunettes percées restent celles qui utilisent le moins de matière
Pour Arthur Havis, l’enjeu est fondamental. « L’écoresponsabilité doit passer par une multitude de débats et d’actions, il n’y a pas une seule formule magique mais une diversité de solutions qui, combinées, donneront des résultats satisfaisants. En alliant moins de matière, plus écologique, une fabrication de proximité, une conception qui facilite le remontage pour favoriser la seconde main et le recyclage, on peut changer le système de production et de consommation ».
Ce projet veut aussi redonner de l’intérêt aux jeunes au métier d’opticien en mettant en avant l’écoresponsabilité qui les intéresse de plus en plus.
