« À l'occasion de la semaine de la myopie, Europe 1 se penche sur les prix élevés des paires de lunettes ».

C'est ainsi que débute un article d'Europe 1 publié il y a quelques jours, accompagné d'une courte émission de radio et d'une « interview » de Grégory Caret, directeur de l'Observatoire de la consommation de l'association UFC-Que choisir.
Si vous vous attendez à connaitre ce fameux « prix élevé » des lunettes, vous n'êtes pas au bon endroit. Mais si vous appréciez les chiffres approximatifs, vous allez être servis : « des montures à plusieurs centaines d'euros, c'est complètement déraisonnable » peut-t-on lire dans l'article.

Un peu comme des vêtements à plusieurs milliers d'euros, des voitures à plusieurs centaines de milliers d'euros, des appartements à plusieurs millions d'euros. Dans les lunettes comme dans d'autres produits et services, il y en a pour toutes les bourses.

L'article continue : « Il y a probablement des marges qui sont constituées par les professionnels qui sont assez déraisonnables ». Il est probable, donc pas du tout certain. Avant d'enchaîner : « Des opticiens profitent du bon niveau de remboursement des mutuelles pour ajuster leur prix sur ce remboursement ».

Tiers-payant et reste à charge

Les clients qui souhaitent un reste à charge élevé sont assez rares : c'est la raison pour laquelle les opticiens font un travail quotidien considérable pour trouver le meilleur équipement au meilleur prix, en fonction du contrat mutuelle de chaque client. Et sans avancer de frais, puisque le tiers-payant est quasi systématique. Tout cela, c'est un service pour le consommateur.

Dans la plupart des autres pays, il n'y a pas de tiers-payant, et c'est à l'assuré de voir directement avec sa mutuelle pour le remboursement. 

Le financement de l'optique médicale en France se distingue nettement des autres postes de santé. En raison d'une base de remboursement très faible de la part de la Sécurité sociale, ce sont les organismes complémentaires qui jouent le rôle financier principal.

L'optique a, depuis de nombreuses années, été un argument d'appel auprès des assurés pour souscrire à une mutuelle.

Il n'empêche : le reste à charge moyen des ménages en 2022 s'élève à 23 euros par équipement, selon la Drees. Dites docteur, c'est cher 23 euros pour une paire de lunettes correctrices que l'on va porter au minimum 3 ans ?

Marges des opticiens et libre choix du consommateur

Ensuite, comme dans la plupart des produits et services dans le monde, il existe plusieurs qualités et prix associés même si l'article explique qu'« une paire moins chère aurait tout à fait convenu à nos besoins ».

Pour faire simple : les produits d'entrée de gamme sont moins chers que le haut de gamme. Et heureusement, le consommateur a encore le droit de choisir lui-même, selon ses propres critères, financiers, esthétiques, techniques, ce qui lui convient le mieux.

Et oui, parfois il « suffit » de vendre 2 paires de lunettes par jour pour être rentable comme l'article le souligne, même si la moyenne nationale est plutôt à 3,5. Un petit magasin d'optique de quartier ne vend pas autant d'équipement qu'une boutique de 200m2 dans un centre commercial.

Ça vaut pour l'optique, ça vaut pour la quincaillerie, ça vaut pour un primeur, un garage automobile, etc. Et alors ?
Et le conseil d'Europe 1 en guise de conclusion : « Le conseil pour économiser, c'est donc d'aller voir plusieurs opticiens, de faire faire plusieurs devis, en amont, à soumettre à sa mutuelle ». Demander un devis avant d'acheter, c'est recommandé pour de nombreux produits et services, en optique comme ailleurs. 

Et sinon, la myopie, on en parle ?