Selon une étude Toluna Harris Interactive réalisée pour la Cnil, les lunettes connectées bénéficient désormais d’une forte notoriété en France, mais leur démocratisation reste freinée par des inquiétudes persistantes autour de la vie privée et de l’usage des données personnelles.
Une technologie pour une population plutôt masculine, urbaine et active
Menée en ligne du 22 au 29 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 2 128 Français âgés de 18 ans et plus, l’enquête montre que 87 % des Français ont déjà entendu parler des lunettes connectées et que près d’un sur deux affirme voir précisément de quoi il s’agit. Cette connaissance du produit est particulièrement forte chez les hommes de 25 à 49 ans, les urbains, les CSP+ et les personnes les plus dépendantes aux équipements numériques.
Outil indispensable ou gadget inutile ?
Dans l’esprit des consommateurs, les lunettes connectées restent avant tout associées à l’innovation, à l’intelligence artificielle et à un univers technologique futuriste. Les répondants évoquent spontanément des notions comme « IA », « technologie », « modernité » ou encore « futur ». Mais cette image positive cohabite avec une vision beaucoup plus critique : certains les perçoivent comme des gadgets coûteux, inutiles au quotidien et potentiellement intrusifs.
Les Français apparaissent d’ailleurs très partagés sur la nature même du produit :
- Pour 36 % des sondés, les lunettes connectées sont avant tout « un gadget ou un accessoire de mode » ;
- 31 % y voient un produit pratique pour certains usages spécifiques ;
- 27 % une innovation majeure susceptible de transformer les modes de vie.
Des utilisations diverses
Concernant les usages, la moitié des Français estime que ces lunettes pourraient être utiles au quotidien. Les fonctions jugées les plus intéressantes concernent l’aide aux personnes en situation de handicap, la traduction en temps réel, le guidage GPS, l’accès rapide à l’information ou encore les applications de santé. L’audio apparaît également comme un usage clé, notamment pour écouter de la musique, passer des appels ou interagir avec une intelligence artificielle sans utiliser les mains.
Un taux de pénétration limité
Pour autant, le marché reste encore émergent : seuls 9 % des Français déclarent avoir déjà testé des lunettes connectées et seulement 36 % envisageraient d’en acheter. Les principaux freins évoqués sont leur inutilité perçue (65 %), leur prix jugé trop élevé (49 %) ainsi que les craintes liées à la santé et aux données personnelles.
La question des données personnelles est centrale
Car la question de la vie privée domine très largement les préoccupations. Deux tiers des Français considèrent que les lunettes connectées représentent une atteinte potentielle à la vie privée et 81 % estiment que le risque de filmer ou photographier quelqu’un sans son consentement est plus élevé qu’avec un smartphone. Le non-respect du droit à l’image arrive d’ailleurs en tête des risques identifiés, devant les deepfakes, les fuites de données ou encore la reconnaissance faciale.
Conséquence directe : 91 % des Français souhaitent être informés lorsqu’une personne prend une photo ou filme via des lunettes connectées, idéalement grâce à un voyant lumineux ou à plusieurs signaux combinés. Une sécurité qui peut pourtant bien souvent être contournée.
