Face à l’essor des lunettes connectées, la Cnil* tire la sonnette d’alarme.
Dans une communication détaillée publiée après une enquête menée début 2026, l’autorité française de protection des données appelle à une « vigilance collective renforcée » face à ces dispositifs capables de capter images, sons et données personnelles de manière quasi invisible.
Si leurs promoteurs, fabricants et distributeurs, mettent en avant leur utilité — notamment pour les personnes en situation de handicap ou pour la traduction instantanée — la Cnil estime que ces équipements soulèvent des enjeux majeurs en matière de vie privée.
- L’autorité pointe notamment la difficulté pour les tiers de savoir s’ils sont filmés ou enregistrés. Contrairement à un smartphone, qu’il faut sortir et orienter, les lunettes connectées captent tout ce que regarde leur porteur. Même lorsqu’un voyant lumineux est présent, celui-ci reste jugé insuffisant pour informer efficacement les personnes autour.
- La Cnil redoute aussi une banalisation d’une surveillance mobile et permanente dans les espaces publics comme privés. Elle évoque le risque d’une société où chacun pourrait se sentir constamment observé, avec des conséquences potentielles sur les libertés individuelles et les comportements sociaux.
Dans ce contexte, l’autorité annonce le lancement d’un plan d’action spécifique sur les lunettes connectées, en coordination avec ses homologues européens et d’autres autorités publiques.
En attendant, la Cnil publie plusieurs recommandations concrètes aux utilisateurs :
- informer les personnes à proximité lors de l’utilisation des lunettes ;
- désactiver les fonctions de captation lorsqu’elles ne sont pas nécessaires ;
- éviter l’usage dans les lieux sensibles ou intimes ;
- respecter le droit à l’image et recueillir le consentement avant toute publication ;
- réfléchir aux conséquences d’un partage sur les réseaux sociaux.
*Cnil : Commission nationale de l'informatique et des libertés
