En novembre dernier, la chaîne de magasins Great Glasses, qui compte une vingtaine de magasins dans l’Etat de l’Ontario, a été condamnée pour avoir effectué des examens de vue et délivré des lunettes correctrices sans prescription d’un optométriste ou d’un ophtalmologiste. Bruce Bergez, fondateur et propriétaire, a été condamné pour cela à une amende record de 1 million de dollars canadiens (630 000 euros) et a été suspendu par l’Ordre des Opticiens de l’Ontario.
Cette condamnation pénalise désormais les clients de Great Glasses : l’assurance canadienne Standard Life, une des plus importantes du pays, vient d’annoncer qu’elle ne rembourserait pas à ses adhérents les lunettes correctrices achetées dans les magasins de la chaîne, au motif que Bruce Bergez n’était plus autorisé à pratiquer la profession d’opticien. Cette décision prend effet rétroactivement au 1er mars. Elle concerne notamment les 900 employés de la ville de Burlington, qui disposent tous d’une complémentaire santé Standard Life.

La Direction des Ressources Humaines de la commune a formulé son étonnement vis-à-vis de l’initiative de l’assureur, en précisant que c’était "du jamais vu dans le secteur".
Bruce Bergez, qui a fait appel de sa condamnation, a lui aussi critiqué cette position. Pour son avocat Louis Frapporti, "elle se base sur une hypothèse erronée". "Tous les assureurs, à l’exception de Standard Life, ont accepté de rembourser les lunettes après avoir été informés de l’affaire et de ses suites : aujourd’hui, toutes les délivrances de verres correcteurs chez Great Glasses sont faites par des opticiens enregistrés et toutes les prescriptions émanent d’un ophtalmologiste ou d’un optométriste" a-t-il déclaré.

Rappelons qu’en janvier dernier, la Cour Supérieure de l’Ontario avait, à la demande de l’Ordre des Opticiens, exigé que tous les points de vente de la chaîne se conforment à la législation du pays. Celle-ci interdit aux opticiens de vendre des verres correcteurs sans examen de vue préalable réalisé par un médecin ou un optométriste.