Lors d’une conférence de presse, le Syndicat des audioprothésistes (SDA) a fait un bilan du 100% Santé en audiologie. L’occasion de comparer les résultats largement positifs (40% de classe 1) avec ceux des secteurs dentaire et optique qui s’appuient sur les données du dernier rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales)/Igesr (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche). Durant cette conférence, le Syndicat a dénoncé le nombre croissant d’opticiens développant des enseignes 100% dédiés à l’audition ou créant des « corners » audio au sein d’un point de vente.

« Une méconnaissance des aspects sanitaires et de la fragilité des patients de l’audiologie »

Le Syndicat pointe les différences entre les deux professions (nombre d’années d’études, rôle de l’ORL dans la prescription par rapport à celui de l’ophtalmologiste, etc.). Lors de la conférence de presse, le SDA a notamment mis en avant la différence d’âge de la clientèle des audioprothésistes (principalement entre 66 et 92 ans) et celle des opticiens, beaucoup plus jeune. Cela implique un suivi spécifique des malentendants par les audioprothésistes qui se considèrent plus comme des rééducateurs libéraux que comme des fournisseurs d’équipements, là où « l’activité essentielle des opticiens est la vente de verres correcteurs ».

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Des fraudes caractérisées et dénoncées par la profession

Le rapport dévoile que « les enseignes d’optique, dont le cœur d’activité est en train d’arriver à maturité, profitent de leur attractivité en raison de leurs pratiques commerciales et promotionnelles agressives ». Toujours selon l’Igas/Igesr, « leur stratégie consiste à cibler des volumes importants pour pouvoir proposer des prix plus faibles que la concurrence ».

« Cela ne concerne, bien entendu, pas tous les opticiens. Il y a une majorité des acteurs de la profession qui pointent du doigt une minorité qui fait n’importe quoi », précise Luis Godinho, président du SDA. C’est notamment le cas du Rof : « Cela fait des années que nous menons des actions – et notamment au niveau judiciaire – pour que la réglementation actuelle soit mieux appliquée par l’ensemble des opticiens ».

Le SDA milite pour qu’il n’y ait pas de publicité promotionnelle en comparant son activité à celle de la pharmacie. En attaquant les opticiens sur les publicités incitant à la dépense, Luis Godhino s’adresse également aux enseignes discount en audio.

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