Quel regard portent les Français sur le système de santé ? Comment a évolué leur reste à charge, notamment en optique ? Quid du partage des données de santé ? Nous vous donnons les résultats de ces thématiques issus de l’Observatoire "Place de la Santé" réalisé par Harris Interactive* pour la Mutualité Française.
Premier enseignement : les Français sont mitigés concernant le fonctionnement de notre système de santé. 56% expriment leur satisfaction (mais 10 points de moins qu’il y a un an). Depuis la crise sanitaire, la perception des français s'amenuise. Lorsqu’ils le comparent à celui d’il y a 5 ans, 45% des répondants pointent une dégradation Un recul de la perception du fonctionnement du système de santé qui fragilise la confiance dans l’avenir.

1 Français sur 2 évalue une hausse du RAC en optique
Concernant l’évolution du reste à charge après remboursement par la Sécurité sociale et la complémentaire santé, les Français notent une augmentation ces 5 dernières années : 42% pour les lunettes, 38% pour les prothèses auditives et 44% pour les soins dentaires. Pour rappel, dans son récent baromètre, l'Unocam avait également pointé l'impact négatif du 100% Santé sur le reste à charge optique des Français. Néanmoins, d'après l'étude Harris Interactive, « ce sentiment d’une augmentation du reste à charge s’est assez nettement atténué par rapport à la dernière mesure de 2017 » : -9 points pour l’optique, -13 points pour l’audioprothèse et -6 points pour le dentaire.

A l’avenir, une personne sur deux (50%) estime que les soins seront moins bien remboursés par la Sécurité sociale et 44% dresse la même analyse s'agissant des complémentaires santé.
Les Français réticents à communiquer leurs données de santé aux Ocam
Autre sujet qui suscite beaucoup de débats en optique : la transmission des données de santé. 75 % des Français se disent favorables à communiquer les données de santé aux professionnels de santé. En revanche, ils affichent des réserves majoritaires s’agissant des mutuelles (47 %), des entreprises privées comme Doctolib (42 %) et des compagnies d’assurance (34 %).

Bien que ces réticences soient présentes, « elles tendent à diminuer nettement dans le temps, témoignant d’une acceptation plus large ou du moins d’une banalisation de cette opportunité aux yeux des Français », souligne Harris Interactive. En 2017, seuls 36% des patients étaient en effet enclins à partager leurs données de santé avec les mutuelles, 14 % avec les entreprises privées (Doctolib, ... ) et 18 % avec les assurances.
Derniers chiffres importants à retenir de cette enquête : plus des ¾ des sondés (77%) se montrent favorables à ce que les différents professionnels de santé qui les suivent partagent leurs données personnelles entre eux. 25% y sont même très favorables. Seul 1 Français sur 10 s’opposerait à cette éventualité.
*Enquête réalisée en ligne du 26 janvier au 2 février 2022 auprès d’un échantillon de 3 016 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

Le RGPD impose que la transmission des données personnelles de santé soit subordonnée à l obtention d un consentement libre, éclairé, univoque et spécifique. Mais ces conditions sont très rarement respectées.
La réalité est que les ocam opposent aux assurés des lenteurs de traitement des dossiers (complexité d accès aux informations, délais de réponse, refus de TP, refus de remboursement etc) tant qu ils n acceptent pas de transmettre leurs données. La liberté de refuse de les transmettre est très restreinte. Pour gagner du temps et se libérer l esprit beaucoup acceptent de transmettre sans mesurer le danger de cette collecte de données.
Le RGPD a été créé pour lutter contre ce rapport de force inégal. Il est essentiel de renforcer sa bonne application. En optique, on peut tous constater que la CNIL n'est pas à la hauteur de son rôle et laisse les ocam dicter leurs règles.