Ce vendredi 18 mars c'est la journée mondiale du recyclage. Acuite a voulu partager avec vous quelques initiatives mises en place dans les magasins. Comme dans l’ensemble de la filière, de nombreuses actions se développent pour limiter le gaspillage et peuvent stimuler l’imagination des confrères.

A Mortagne-sur-Sèvre en Vendée, fin 2021, Aude Brunet ouvre son premier magasin conçu comme « écoresponsable », Nature En Vue. Très sensible à l’environnement, et déçue que ce sujet n’apparaisse que peu dans l’enseignement et au sein des grandes enseignes, Aude Brunet décide de proposer uniquement des collections en bois, en huile de ricin, en métal ou en acétate recyclés à partir de déchets industriels. Toutes les matières premières viennent de France, et toutes les collections qu’elle propose sont fabriquées dans l’hexagone. « J’ai cherché longtemps avant de trouver les informations que je voulais, il faut poser beaucoup de questions pour avoir des réponses précises. Chez les grands fournisseurs, niveau écoresponsabilité, il y a encore beaucoup de boulot. Par exemple, quand je veux commander mes montures sans modèle de présentation, on ne comprend pas ma demande. Pour moi c’est du gaspillage, pour eux c’est indispensable. »

Les verres de présentation et les lunettes trop abîmées, Aude les envoie à Optic For Good ou au Medico Lion’s Club. Régulièrement, elle se rend dans les écoles des environs pour sensibiliser les enfants et leurs parents sur l’importance des matériaux utilisés dans les lunettes et du recyclage. Elle bénéficie aussi d’une économie circulaire dans le village : plusieurs commerces ont des modes de fonctionnement qui limitent leur impact sur l’environnement, comme cette épicerie à côté du magasin qui vend ses produits en vrac, sans emballages, et ce brasseur qui élabore des bières à partir de malt local.

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Aude Brunet dans son magasin Nature En Vue

 

A 100 km de là, aux Sables d’Olonne, Sabrina Robin ajuste les plantes vertes de sa vitrine. Une PLV met en avant une collection du Jura, estampillée OFG. Sabrina est à l’origine de plusieurs initiatives pour améliorer la politique RSE du magasin. Elle dresse volontiers une liste des actions de recyclage menées sur les 4 points de vente : « Nous avons mis en place un tri des déchets, comme les cartons et le papier, et un partenariat avec une entreprise locale chargée du recyclage. Il y a un an, lorsque nous avons voulu remplacer notre mobilier, nous avons donné les anciens à une entreprise locale qui les a réhabilité plutôt que de les envoyer à la décharge. On incite nos clients à venir recharger les liquides pour nettoyer les verres en magasin, au lieu d’acheter un nouvel emballage. Les bâches de publicités sont aussi recyclées en étuis pour les lunettes ! Pour finir, les verres de présentation sont envoyés à un centre de recyclage à Limoges pour être transformées en bouteilles en plastique, en cintres ou en mobilier de jardin. »

Et tous les jours, les clients lui demandent que faire de leur paire de lunettes en fin de vie. Dans le point de vente, une borne de collecte permet d'envoyer régulièrement ces lunettes usées au Medico Lion's Club et leur offrir une seconde vie. Depuis le début du mois de mars, les solaires peuvent elle aussi retrouver une seconde vie directement en magasin : il est possible les polir, changer les verres...et le client reçoit un bon d'achat en échange. Ces solaires sont ensuite revendues entre 50% et 70% moins cher. Lorsqu'elles sont trop dégradées et nécessitent une réparation importante, elles peuvent être envoyées à l’atelier de l’enseigne à Clamart (92).

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La vitrine de Sabrina Robin aux Sables d'Olonne

 

Plus au nord, vers Dunkerque, 11 magasins Krys appartenant à la même entreprise familiale développe elle aussi différentes actions de recyclage. « Cela commence par l’impression en recto-verso », indique Alexandre Bajeux, cogérant associé de la Sarl JPB Optic. « Il y a deux ans et demi, nous avons mis en place le recyclage du papier, une éco box, et on y dépose nos documents et emballages avant qu’ils soient récupérés par La Poste. Les déchets sont triés et transformés par des personnes en insertion, cela représente un petit coût financier mais ça vaut le coup ! »

Plusieurs mesures ont été déployées dans ces magasins, comme la dématérialisation des documents, le remplacement des éclairages traditionnels par des lampes LED et le parc de voitures par des hybrides.

Concernant les équipements optiques en fin de vie, les clients peuvent les déposer dans les points de vente avant d’être collectés par la Fondation Krys. Ils sont envoyés en direction des populations défavorisées qui n’ont pas accès à des soins visuels, en France ou ailleurs. Ou alors, ils sont recyclés en usine.

Quelles soient en matières recyclées ou non, les collections éco-durables bio-sourcées ne représentent qu’une partie infime des ventes des 11 points de vente, autour de 1%, selon Alexandre. « Les montures recyclées ne sont pas de même qualité, elles sont beaucoup moins souples et peuvent être difficiles à ajuster. Le plastique perd de sa qualité. Ce que les gens cherchent, ce sont des lunettes avec lesquelles ils voient bien, qui leur vont bien et qui correspondent à leur budget. L’aspect durable ou OFG ce n’est pas leur priorité, c’est plutôt la cerise sur le gâteau. »

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Alexandre Bajeux dans son magasin Krys 

 

Si ces trois approches sont différentes, elles ont au moins un point commun : la volonté de réduire l’impact sur l’environnement lié au fonctionnement des points de vente. Pour qu’une filière complète de recyclage voit le jour dans le secteur, il y a encore du chemin à parcourir.