Depuis une dizaine de jours, le carburant fait défaut dans près d'un tiers des stations essence en France. Certaines préfectures ont établi une liste des professions prioritaires en station (dans le Nord par exemple les professionnels de santé munis d’une carte professionnelle sont prioritaires) mais aucune coordination au niveau national : nous vous invitons à consulter le site de votre préfecture.
Le Code du travail n'encadre pas précisément cette situation exceptionnelle.
Collecter les preuves
En cas d’impossibilité absolue de rejoindre le lieu de travail, il est recommandé de constituer des preuves (photos de la file d'attente, du panneau indiquant l'absence de carburant, jauge de votre réservoir vide...) et de prévenir au plus vite votre employeur, et de lui transmettre immédiatement ces preuves.
Pour les citadins, il sera souvent possible de trouver une alternative grâce aux transports en communs, ou en enfourchant un vélo. Dans certaines zones rurales, des espaces de covoiturage existent, ou accessibles via une application dédiée.
Le télétravail, en revanche, a peu de chances d'être une solution pour les opticiens qui doivent se rendre en magasin.
Cas de force majeure
Juridiquement, le cas de force majeure est difficilement applicable car il repose principalement sur trois critères : imprévisibilité, irrésistibilité et extériorité à la volonté. Bien que le salarié n'est pas responsable de ces pénuries, elles sont de nature prévisibles puisqu'elles durent depuis plusieurs jours déjà et qu'il reste tout de même de nombreuses stations ouvertes : la situation n'est donc pas non plus irrésistible, bien que cela dépende fortement de votre situation géographique, toutes les régions françaises n'étant pas soumises à la même difficulté d'approvisionnement en essence. Bien entendu, attendre plusieurs heures dans une file d'attente de 4km est une contrainte majeure qui met en péril la possibilité de respecter les heures de travail et votre employeur pourra faire preuve de tolérance sur vos retards ou impossibilité de rejoindre le point de vente. La flexibilité semble de mise tant pour les employeurs que pour les salariés.
Si aucune solution n'est trouvée pour vous rendre au travail, vous pouvez négocier de poser des jours de congé ou de rattraper les jours chômés plus tard. Le plus important aux yeux de la loi, c'est d'être de bonne foi.
