En 2012, lors des TechDays traditionnellement consacrées aux applications innovantes et aux usages du futur, Microsoft dévoilait un projet de lentilles de contact intelligentes capables de mesurer la glycémie de celui qui les porte*. Plus tôt, en 2011, nous vous parlions de chercheurs de l'Université de Washington, associée à l'Université d'Aalto en Finlande, ayant mis au point une lentille de contact à réalité augmentée, devant in fine projeter des images directement sur l'oeil.

Babak Parviz, directeur de ces recherches, que nous avions reçu sur notre plateau TV au Silmo 2009**, nous détaillait les applications envisagées de ce produit : être guidé par GPS, jouer aux jeux vidéo, suivre son taux de glycémie en temps réel en lien avec un appareil de mesure implanté dans le corps... Nombreux sont les chercheurs depuis ayant tenté d'utiliser ces lentilles dans un but thérapeutique, mais sans succès. C'est désormais chose faite avec la dernière découverte de l'équipe du Pr. Joseph Ciolino, ophtalmologue de la faculté de médecin d'Harvard, qui serait en mesure de confectionner une lentille capable de délivrer des médicaments pour soigner le glaucome chronique.

Cette maladie également connue sous l'appellation « glaucome à angle » est une pathologie ophtalmologique grave, qui se caractérise par une gêne lors de l'évacuation de l'humeur aqueuse, se compliquant dans le temps par une hausse progressive de la pression intraoculaire. Fréquente (90% de tous les glaucomes), elle se traite généralement à l'aide d'un collyre, à l'instar du latanoprost (ou Xalatan®), qui doit être administré quotidiennement et durant toute la vie. Ce traitement apparait donc particulièrement contraignant.

Les patients en oublient souvent la nécessité, et c'est justement cette omission qui a poussé les chercheurs à imaginer une solution plus simple pour se soigner. Le Pr. Joseph Ciolino a donc mis au point une lentille de contact d'un genre nouveau capable de diffuser le médicament (du latanoprost ici) pendant un mois. Une étude a ensuite prouvé que les taux de ce traitement dans l'humeur aqueuse étaient finalement comparables à ceux retrouvés chez un patient qui utilisait le collyre, un mois après le début du traitement.

Les avantages d'un tel dispositif sont multiples : fin du risque d'oubli de prise du traitement, et surtout, caractéristiques physico-chimiques de la lentille lui permettant de ne pas gêner la vision et de libérer le principe actif du médicament de manière prolongée dans le temps.

Jusqu'ici uniquement essayées sur animal, in-vivo et in-vitro, ces lentilles devront être testées sur l'homme et comparées au collyre dans une étude ultérieure avant d'obtenir une autorisation de mise sur le marché.

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**Voir notre plateau TV au Silmo 2009 « Les verres, lentilles et matériels du futur... », avec le chercheur Babak Parviz, « papa » de la lentille de contact à réalité augmentée.