« L'Ordre des Opticiens sera pour les générations futures », selon Ph. Cotin, président du Collège d'éthique professionnelle

Opticien à Nogent-sur-Marne, Philippe Cotin succède à Jean-Gabriel Josse à la tête du Cepof (Collège d'éthique professionnelle des opticiens de France). Créé en octobre 2010, cet organisme (une centaine de membres aujourd'hui), avait pour but initial de jeter les bases d'un éventuel ordre des opticiens. Son nouveau président vous livre ses projets.

Acuité : Croyez-vous toujours à un Ordre des Opticiens ?
Philippe Cotin :
Je conserve l'idée qu'un Conseil de l'Ordre des Opticiens serait une bonne chose. Mais j'ai 55 ans, et personnellement, je ne le verrai pas. Ce sera pour les générations futures.

A. : Dans ce contexte, quelle est aujourd'hui l'essence du Cepof ?
P.C. :
Nous sommes des « Indignés ». Indignés par la presse grand public qui traite les opticiens comme des truands. Indignés par certains de nos confrères qui ne respectent pas la loi. Et indignés par certaines complémentaires santé qui nous imposent des tarifs. Nous voulons agir là-dessus.

A. : Quels sont vos axes de travail ?
P.C. :
Il y en a trois. Le premier : faire en sorte que nous puissions travailler librement, sans être opprimés par des organismes qui fixent les prix. On doit pouvoir gagner correctement notre vie. Mais pour cela, nous devons montrer notre sérieux et notre compétence. Notre deuxième axe de travail est donc l'honnêteté, avec des sanctions réelles pour ceux qui contreviennent à la réglementation. Je veux assainir la profession, mettre un flic derrière chaque opticien. Comment ? Je ne sais pas encore. J'ai certes des idées, mais qui sont difficiles à mettre en place, comme intervenir auprès de la Sécurité sociale pour qu'elle déconventionne systématiquement les fraudeurs. Enfin, le Cepof veut agir aussi sur les études d'optique : il est aberrant de sortir autant de diplômés chaque année ! Il faut revoir complètement le système. La plupart des titulaires du BTS OL n'ont pas le niveau suffisant pour exercer convenablement leur métier. Le référentiel devrait être calqué sur le niveau de la licence.

A. : Comment allez-vous agir concrètement ?
P.C. :
Les choses sont très claires : nous ne sommes pas un nouveau syndicat et nous laissons travailler ceux qui existent. Le Cepof est un organisme de lobbying, indépendant et libre de penser. Chacun de nos adhérents va sensibiliser son syndicat, quel qu'il soit, à nos idées, pour que celles-ci soient défendues dans les ministères. Nous voulons agir main dans la main avec les représentants de la profession, dans la mesure où ils sont clairs et nets.

A. : Vous êtes optométriste. Le Cepof sera-t-il un sous-marin des « pro-optométrie » ?
P.C :
Oui, je suis optométriste, mais je suis favorable à une « optométrie raisonnée », qui n'inclurait pas le dépistage des pathologies oculaires. Il s'agit cependant de ma conviction personnelle, et le Cepof ne prendra pas de position sur ce point.