La centrale d’achat Luz, créée à la fin des années 1980, s’installe dans ses bureaux flambant neufs du nord de la capitale. À cette occasion, acuite.fr a rencontré Jérôme Schertz, son directeur général, pour faire le point sur son année 2021/2022.
Ac : 2021 semble avoir été une année de rebond pour de nombreux opticiens. Quel bilan faites-vous de cette période ?
J.S. : Beaucoup d’opticiens indépendants ont fait la meilleure année de leur vie en 2021, notamment grâce à la prise de rendez-vous mais également du fait du regain d’activité des commerces de centre-ville lié en partie à la fermeture des centres commerciaux de plus de 20 000 m². Au niveau de la centrale, nous enregistrons +2% de croissance par rapport à 2019 pour l’optique et +38% pour l’audio.
Ac : Pensez-vous que la crise sanitaire a eu un impact sur le métier d’opticien ?
J.S. : Oui, je pense que la crise sanitaire a été un accélérateur de la mise en place du statut d’opticien de santé. Nous avons eu un début d’année 2022 difficile à cause du Covid-19, de la guerre en Ukraine et des élections. Bien que je n’ai pas de certitudes, je pense néanmoins que l’opticien de santé est en train d’arriver, notamment grâce à la prise de rendez-vous et à la possibilité de renouvellement d’équipements optiques. De nombreux décrets et annonces récents vont dans ce sens. Si l’opticien indépendant renforce son positionnement de professionnel de santé, il a, pour nous, l’opportunité de se différencier des enseignes.
Ac : Quels sont vos projets pour 2022 ?
J.S. : Au sein de Luz, nous travaillons continuellement à enrichir nos services pour donner à nos opticiens entrepreneurs de véritables outils de différenciation pour asseoir et renforcer leur rôle d’opticiens de santé. Nous avons actuellement 170 corners Optikid, 40 pour Un Dixième + sachant que nous ambitionnons d’atteindre les 50 d’ici la fin de l’année. Pour Les Lunetiers Sportifs, nous avons actuellement 20 corners et nous prévoyons de porter ce nombre à 30 dans les mois à venir. Ces trois communautés offrent la possibilité à nos adhérents de se distinguer sur tout le territoire grâce à trois piliers structurants : formation spécifique, produits adaptés et faire-savoir ciblé auprès des prescripteurs et du client final. Nous incitons vraiment les opticiens à entrer dans l’écosystème de santé visuelle de leur ville afin de faire connaître leurs spécialités auprès de leurs prescripteurs, eux-mêmes en recherche et demandeurs d’experts sur leur ville, comme nous pouvons le constater dans les nombreux salons professionnels de France où nos Délégués à l’Information Médicale sont présents.
Nous travaillons également sur le développement de notre association, Téva, que nous avons créée fin 2019 avec Chantal Milleret, chercheuse au Collège de France avec qui nous travaillons depuis 10 ans sur Optikid. Dédiée aux professionnels de l’optique et de l’audio, Téva répond à trois objectifs : valoriser l’interdisciplinarité entre tous les acteurs de la santé, accélérer la descente d’informations des dernières recherches auprès des praticiens, et créer du lien entre toutes ces professions autour de l’écosystème de santé de l’opticien. Nous faisons notamment appel à des neuroscientistes, ophtalmologistes, ORL et orthoptistes.
Grâce à l’ensemble de ces actions et à notre récent partenariat avec Optalor, nous prévoyons en 2022 d’être la première centrale d’achats pour opticiens indépendants en France, que ce soit en nombre d’adhérents mais également en valeur d’achats transités.
Ac : Comment envisagez-vous l’avenir à long terme ?
J.S. : Comme toujours depuis plus de 35 ans, nous basons notre développement sur l’écoute des besoins terrain de nos adhérents avec la mise en place de moyens et d’outils au service de leur performance et sur une réelle relation de proximité et de confiance avec nos fournisseurs à la fois au travers de nos spécialités exclusives, mais aussi sur des échanges de bonnes pratiques afin de créer des partenariats forts et solidaires en faveur de l’indépendance. Nous avons également décidé d’accentuer nos services et nos conseils aux opticiens autour de trois axes : la professionnalisation, le trafic en magasin et la différenciation.
Mais sur l'avenir, nos opticiens ont une source d’inquiétude, que nous partageons bien évidemment, sur le rachat de GrandVision par EssilorLuxottica.
En effet, depuis la fusion Essilor Luxottica, beaucoup d’opticiens de notre réseau nous ont remonté une légère dégradation de la qualité des relations avec ce nouveau groupe. Nous avons alerté notre partenaire afin qu’il apporte des solutions concrètes, rapides et pérennes.
Je tiens à souligner que la maison Essilor a toujours soutenu notre développement ainsi que celui de nos adhérents, et que les rapports ont toujours été très bons.
Cependant, nous espérons que la qualité de ces rapports perdurera avec la nouvelle entité EssilorLuxottica sachant que nous resterons extrêmement vigilants à la fois au développement des magasins Grandvision en France, mais également à la stratégie de mise en avant de leurs marques au sein de leurs magasins succursalistes et franchisés.
Luz en chiffres : Optique
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