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À quoi ressembleront les lunettes de demain ? Pour EssilorLuxottica, la réponse se construit déjà en laboratoire. Au sein du Smart Eyewear Lab, créé il y a trois ans en partenariat avec le Politecnico di Milano, une centaine de chercheurs explorent les technologies qui équiperont les montures connectées de demain. Nous avons pu en avoir un aperçu lors de l'évènement Switch, organisé par le groupe franco-italien.
Trois grands axes structurent aujourd’hui ces recherches :
- la réalité augmentée ;
- le suivi oculaire ;
- le biosensing.
Une nouvelle génération de réalité augmentée, plus immersive
Le premier chantier concerne l’affichage en réalité augmentée. Si les technologies actuelles reposent largement sur les guides d’ondes, elles ne sont pas exemptes de limites, notamment en matière de confort visuel.
Pour dépasser ces contraintes, les chercheurs explorent une approche plus avancée basée sur l’holographie. L’idée est de projeter directement des images sur les verres grâce à des métasurfaces, des structures nanotechnologiques capables de manipuler la lumière. « Nous voulons aller au-delà de l’état actuel de la réalité augmentée et proposer une technologie beaucoup plus confortable et immersive », souligne Tommaso Angarello, physicien et Wearable Research Manager chez EssilorLuxottica. À la clé : une expérience visuelle en trois dimensions plus naturelle, capable d’afficher en temps réel des informations utiles, qu’il s’agisse de notifications, de données liées à la santé, ou une carte GPS, par exemple.
Voir le reportage vidéo en haut de page.
Le suivi oculaire : vers des usages médicaux avancés
Mais la révolution ne s’arrête pas à l’affichage. Les lunettes deviennent également un outil d’analyse médical. Grâce à l’eye tracking, il est possible de mesurer avec précision les mouvements oculaires et d’en tirer des informations précieuses. « En analysant des paramètres comme la fréquence de clignement, la taille de la pupille ou les micro-mouvements, on peut aller jusqu’au diagnostic précoce de certaines maladies neurodégénératives », explique Tommaso Angarello, évoquant notamment Alzheimer ou Parkinson.
Le suivi oculaire permet de diagnostiquer des signaux faibles pour des pathologies neurologiques type Alzheimer ou Parkinson
Ce suivi continu ouvre des perspectives inédites dans le domaine médical, en transformant les lunettes en capteurs discrets capables de détecter des signaux faibles bien avant l’apparition de symptômes visibles.
Le biosensing : des lunettes au service de la santé
Le troisième axe de recherche pousse encore plus loin cette logique, avec l’intégration de capteurs biologiques directement dans la monture. Fréquence cardiaque, taux d’oxygène, activité électrique du cœur : les lunettes deviennent une véritable plateforme de suivi physiologique. « Le capteur peut être placé de manière très discrète, par exemple au niveau du nez, tout en respectant la forme classique des lunettes », précise-t-il.
De potentielles capacités de diagnostic et de prévention intégrées à des lunettes sont à prévoir
Les travaux vont même jusqu’à l’analyse des ondes cérébrales. Grâce à des électrodes intégrées à la monture, les chercheurs peuvent établir des corrélations entre activité cérébrale et perception sensorielle. « Cela permet, par exemple, d’améliorer la capacité à filtrer les bruits et à se concentrer sur ce que l’on veut vraiment entendre », explique Tommaso Angarello. Une avancée particulièrement prometteuse pour les aides auditives intelligentes.
Faire coexister toutes ces technologies dans une seule monture
Reste une question clé : toutes ces technologies pourront-elles coexister dans une seule paire de lunettes ? La réponse, pour l’instant, reste nuancée. « Une seule monture pourra difficilement accueillir toutes ces technologies en raison des contraintes liées à la consommation énergétique, au poids, au design...», reconnaît-il. EssilorLuxottica envisage donc plutôt de développer différentes catégories de produits, adaptées aux usages et aux besoins des utilisateurs.
À travers ces recherches, les lunettes changent de statut. Elles ne sont plus seulement un outil de correction visuelle, mais deviennent un concentré de technologies au service de l’utilisateur. Un objet capable à la fois d’informer, de comprendre et même d’anticiper.
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