Nous vous en avions parlé il y a déjà presque un an. Depuis, la situation n'a fait qu'empirer : les « faux » opticiens marocains continuent de proliférer, menaçant l'activité de vos « vrais » confrères. A Marrakech, ces derniers se mettent en grève et avertissent qu'ils manifesteront si le gouvernement ne prend pas de sanctions, annonce le journal marocain L'Economiste.

Un fléau que négligent les autorités

Au Maroc, comme en France, l'exercice de la profession d'opticien est réglementé. Il est subordonné à la possession d'un diplôme (après une formation de 3 à 4 années dans des écoles agréées), à la réalisation d'un stage pratique et à une autorisation délivrée par le Secrétariat Général du gouvernement. Pour l'obtenir, l'équipement du magasin doit notamment respecter des normes minimales. Mais, malgré ce strict encadrement, les « épiceries à lunettes » fleurissent. Ouvertes par des « faux » opticiens qui ne possèdent ni les diplômes ni les autorisations requises, elles sont légion, notamment à Marrakech. Dans cette ville, le syndicat national des opticiens décide de protester et organise un sit-in non limité, jusqu'à ce que les autorités réagissent. « Nous avons contacté à plusieurs reprises les autorités censées veiller sur notre profession et surtout l'exercice de celle-ci par de vrais professionnels», indique Mohamed Bottoula, président du Syndicat national des opticiens et opérateur à Marrakech. « Mais leurs promesses sont restées malheureusement sans suite. Les communes urbaines continuent à octroyer des autorisations illégales », assure l'Economiste.

Un facteur de prolifération de la cataracte

Outre le préjudice économique, cette multiplication des faux opticiens est également un problème de santé public. Pour les professionnels de la santé visuelle marocains, ils « restent un facteur majeur de la prolifération de la cataracte ». Les opticiens demandent au gouvernement une loi visant à sécuriser l'exercice des professions paramédicales et à établir la liste des vrais professionnels identifiés par un système sécurisé, qui devrait être indispensable pour que le client final puisse prétendre à d'éventuels remboursements.