À la tête du magasin Atol de la ville, Adeline Abeya, opticienne et gérante, organise chaque année pendant la semaien de la myopie, des bilans visuels auprès des étudiants, en partenariat avec la Maison des étudiants (MDE) de Boulogne-sur-Mer.
Une action née d’un partenariat local
Cette initiative a pris forme grâce aux échanges informels qu’elle entretenait, via un club d’entrepreneurs locaux, avec le président de la MDE. Celui-ci souhaitait regrouper des professionnels de santé afin d’offrir aux étudiants des conseils concrets sur leur bien-être : bilan dentaire, accompagnement psychologique… et examen visuel.
Convaincue de l’importance de la prévention, Adeline Abeya accepte immédiatement. « Je trouvais très important de sensibiliser les étudiants à leur vision », souligne-t-elle.
« Je pensais que c’était normal de ne pas voir net »
Dès la session de prévention, le constat est frappant : la plupart des étudiants n’avait pas vu d’ophtalmologiste depuis l’enfance.
« Il y a un étudiant qui m’a dit : je pensais que c’était normal de ne pas voir correctement le tableau, je croyais que c'était le projecteur qui était mal calibré. En réalité, il avait une myopie d’environ –1,50, non corrigée. »
À chaque session de prévention, une fois par an, une vingtaine d’étudiants passent entre 11h30 et 14h30, sur leur pause méridienne. Parmi eux, 20 à 25 %présentent un défaut visuel nécessitant une compensation. Certains repartent avec un bon pour poursuivre un examen complet en magasin, ou redirigés vers un cabinet d'ophtalmologie ou d'orthoptie.
Ce public est divers : étudiants locaux, jeunes venus d’autres régions, voire internationaux, souvent peu informés sur les démarches pour consulter un spécialiste de la vision.
« Je leur donne des adresses, je les oriente. C’est très enrichissant d’apporter mon aide », confie l’opticienne.

Opération de prévention à la Maison des étudiants de Boulogne-sur-Mer
Un engagement qui dépasse les murs du magasin
Le bilan visuel étudiant n’est qu’une facette de l’investissement extérieur d’Adeline Abeya. Équipée d’une mallette et d'un autoref, elle se déplace souvent à l'extérieur du magasin. « Une fois équipée de matériel portable, tout devient possible. »
Et les occasions ne manquent pas : opérations “Seniors au volant”, des journées de prévention qui s’adressent aux automobilistes de plus de 60 ans, actions avec les clubs sportifs locaux, et bientôt des bilans visuels pour jeunes conducteurs au moment de passer leur permis de conduire.
Un impact qui dépasse la statistique
Certains confrères et consoeurs opticiens hésitent de proposer ce type de services par manque de temps ou par peur d’un faible retour économique. Pour Adeline Abeya, ce n’est pas la bonne logique.
« Je ne fais pas ça pour le chiffre. Je ne compte ni le temps passé, ni la rentabilité de ces actions. Les bénéficiaires font fonctionner le bouche-à-oreille, et je suis aujourd'hui souvent citée et sollicitée par les associations et autorités publiques locales pour des sessions de prévention. »
Ce qu’elle conseille ? Aller vers les associations locales, les clubs, les structures actives… La demande existe, il suffit d'aller à sa rencontre.
Agir tôt pour la myopie : un enjeu clé
Dans un contexte où la myopie progresse rapidement chez les jeunes, des actions comme celle menée à Boulogne-sur-Mer rappellent l’importance de la prévention, au-delà des cabinets médicaux.
À travers son engagement constant, Adeline Abeya montre qu’un opticien peut jouer un rôle majeur dans la sensibilisation des publics et l’accès au soin visuel.
« Au final, conclut-elle, être sur le terrain, c’est là qu’on comprend vraiment les besoins. »

