Le groupe d'experts sur le Smic a rendu son rapport annuel. Il anticipe une revalorisation automatique du salaire minimum légal brut mensuel de 1,4 % au 1er janvier 2026.
Cette augmentation correspond à 25 euros de plus, portant le Smic à 1 827 euros bruts. Les chiffres définitifs seront officialisés à la mi-décembre.
Une hausse supérieure à l'inflation
L'estimation repose sur la double indexation du Smic : une composante de l'indice des prix (+0,8 % anticipé) et la moitié du pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés (+0,6 %). Ainsi, la hausse du Smic se situerait légèrement au-dessus de l'inflation prévisionnelle.
Comme les années précédentes, les experts ne préconisent aucun coup de pouce supplémentaire de la part du gouvernement.
Ils justifient cette position par le ralentissement du marché du travail, une pression persistante sur les salaires, et le niveau déjà élevé du Smic par rapport au salaire médian (62,5 % en 2024). Le groupe d'experts réitère par ailleurs sa recommandation de revoir la formule de revalorisation automatique du Smic.
Le rapport éclaire également le débat sur les effets des allègements de cotisations patronales sur la mobilité salariale. De nouveaux chiffrages confirment que les progressions de salaires à cinq ans sont plus faibles pour les rémunérations comprises entre 1,2 et 2 SMIC.
Cette zone correspond exactement au retrait des allègements généraux et de la prime d'activité, et soulève la question d'une « trappe à bas salaires ».
Le groupe d'experts propose de ramener progressivement le plafond des exonérations de cotisations patronales à 2 Smic. Une telle réforme pourrait générer jusqu'à 6 milliards d'euros d'économies annuelles.
En 2024, environ 3 millions de salariés du secteur privé (soit 12,4 % de l'ensemble des salariés) étaient rémunérés au salaire minimum.
