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Déremboursement des soins optiques : Marisol Touraine et Benoît Hamon sont contre

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Déremboursement des soins optiques : Marisol Touraine et Benoît Hamon sont contre

Suggéré par la Cour des comptes dans son dernier rapport annuel sur la Sécurité sociale, le déremboursement des frais d'optique a provoqué une puissante vague de protestations. A commencer par la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, qui a confirmé lors d'une interview accordée ce mardi à Ouest-France, qu'en optique, « il n'y aura pas de déremboursement ». « [...]Je veux dire fermement qu'il n'est pas question pour le gouvernement de procéder au déremboursement des lunettes et des produits d'optique, comme cela a été indiqué par certains observateurs » (NDLR, la Cour des comptes),a-t-elle également indiqué lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
En revanche, la ministre est revenue sur le prix des lunettes, reprenant l'antienne bien connue désormais du coût trop élevé de ces dernières. A l'en croire, « les prix des lunettes sont trop élevés et nous devons faire en sorte qu'ils diminuent en faisant pression sur ceux qui les fabriquent », a déclaré la ministre. Pour y remédier, son ministère a engagé « un processus pour voir comment [...] faire baisser les prix de certains produits et qui viendra à son terme prochainement [NDLR, on pense à la PPL Le Roux]. On s'aperçoit qu'il y a des marges importantes sur l'optique, des différences assez étonnantes et qu'on est en droit de questionner..»., a-t-elle estimé.

Ce matin, lors de la visite des ateliers d'Optic 2000, nous avons recueilli les propos du ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon, qui s'est contenté de minimiser l'impact du rapport des Sages de la rue Cambon, se disant « très réservé sur cette proposition de la Cour des comptes ». « On en passe du temps à commenter des rapports qui ne sont que des propositions, a-t-il rappelé. Je considère aujourd'hui que tout ce qui tend au déremboursement est transféré aux Ocam, donc ça ne change rien pour le patient, sauf qu'il faut avoir les moyens de payer une complémentaire et que ces organismes se font concurrence notamment sur l'optique parce que c'est un moyen aujourd'hui qui permet de choisir une Ocam », a-t-il conclu.

Du côté de notre filière, les premières salves ont été tirées par le patron de Krys, Jean-Pierre Champion, pour qui un déremboursement « serait une erreur majeure, même si ce n'est que symbolique ». Selon lui, il y aurait un risque de « perdre le caractère santé de l'équipement optique ».

Pour Yves Guénin, secrétaire général d'Optic 2000, que nous avons également rencontré ce matin, le son de cloches est le même : il considère qu'« un déremboursement n'aurait que peu d'impact pour les consommateurs et sur le prix des équipements, car la Sécurité sociale ne rembourse aujourd'hui que 3,5% des lunettes ». « Sortir un produit d'optique du champ de la santé pour un gain symbolique de 200 millions d'euros, est un très mauvais signal, a-t-il affirmé. L'optique ce n'est pas du commerce, c'est de la santé ! »
Lui emboitant le pas, Didier Papaz, PDG d'Optic 2000, a renchéri en indiquant que « c'est une façon de privatiser un secteur de soins [...] ». « Nous sommes pour que l'optique reste encadrée par la Sécurité sociale, car nous sommes des professionnels de santé, pas des marchands de lunettes », a-t-il martelé.

Écrit par la Rédaction
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