Une équipe internationale de chercheurs de l’Université d’Oxford, de l’Université de Pékin et de Moorfields Eye Hospital a mis au point un microstent déployable destiné au traitement du glaucome.
Publiés dans The Innovation, Cell Press, leurs travaux montrent des résultats prometteurs en laboratoire et sur des modèles animaux.
Un peu plus épais qu'un cheveu
Ce nouveau microstent se distingue par sa conception et par sa taille : il mesure 0,2 millimètres (mm) de diamètre et environ 6 mm de long. Il est fabriqué en nitinol, un alliage à mémoire de forme utilisé en cardiologie, encore inédit à cette échelle en ophtalmologie.

Inséré via une aiguille fine par voie ab interno (par l'intérieur de l'oeil), il s’ouvre automatiquement dans l’espace suprachoroïdien pour maintenir une séparation entre les tissus et soutenir la formation d’un bleb* filtrant.
Le tube dérive l’humeur aqueuse de la chambre antérieure vers l’espace suprachoroïdien, et l’élément déployable maintient mécaniquement un « décollement » sclère–conjonctive qui soutient le bleb sous-conjonctival.
Une structure hélicoïdale a été découpée dans le tube afin de réduire sa rigidité et de mieux épouser la courbure sclérale, tout en préservant la résistance hydraulique nécessaire pour contrôler la pression intraoculaire (PIO).

Des résultats expérimentaux encourageants
Sur des yeux porcins, le microstent a réduit la PIO en moyenne de 4,5 mmHg. Chez le lapin, il a montré une baisse significative de la PIO (jusqu’à -43 % en phase précoce), maintenue sans complications majeures durant 28 jours (jusqu'à -25% en moyenne au 28e jour).
Ces premiers résultats suggèrent, selon l'étude, que ce microstent pourrait surmonter certaines limites des chirurgies micro-invasives du glaucome actuelles, notamment la perte d’efficacité par fibrose**. Sa capacité à maintenir mécaniquement un espace entre conjonctive et sclère apparaît comme un élément clé pour préserver le fonctionnement du bleb.
Les checheurs envisagent désormais des essais cliniques pour confirmer son efficacité et sa tolérance chez l’homme.
Le glaucome, un enjeu mondial
Deuxième cause de cécité après la cataracte, le glaucome est lié à une atteinte irréversible du nerf optique. La forme la plus fréquente, le glaucome primitif à angle ouvert, résulte d’un mauvais écoulement de l’humeur aqueuse et d’une augmentation de la pression intraoculaire.
Les traitements actuels reposent sur les collyres, le laser ou la chirurgie.
Depuis une dizaine d’années, les chirurgies micro-invasives du glaucome représentent une alternative à la trabéculectomie classique, mais leur efficacité à long terme reste limitée par la fibrose et la perte de fonction des implants existants.
*En ophtalmologie, un bleb est une petite bulle sous-conjonctivale créée artificiellement lors d’une chirurgie du glaucome, qui sert de réservoir pour drainer l’humeur aqueuse et ainsi réduire la pression intraoculaire.
**Des tissus cicatriciels se forment autour d’un implant de glaucome, ce qui obstrue progressivement l’écoulement de l’humeur aqueuse et réduit l’effet de baisse de pression intraoculaire.
