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Réseaux : le Groupe All poursuit la lutte contre la proposition de loi Le Roux, « qui menace le secteur »

Réseaux : le Groupe All poursuit la lutte contre la proposition de loi Le Roux, « qui menace le secteur »
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« La proposition de loi sur les réseaux de soins pourrait profondément mettre à mal la profession et l'ensemble du tissu économique qui en dépend », affirme le Groupe All. Ce texte, adopté par l'Assemblée nationale fin novembre, est désormais entre les mains du Sénat, qui ne l'a cependant pas encore inscrit à son ordre du jour. La centrale prend les devants et, en prévision de son éventuel examen par les sénateurs, avertit que « l'équilibre de la filière et des PME qui l'animent pourrait être prochainement menacé s'il venait à être adopté ».

 

Manque à gagner pour l'Etat, dégradation des prestations, suppressions d'emplois...

La proposition de loi déposée par le député Bruno Le Roux et ses collègues socialistes vise principalement à modifier le code de la Mutualité pour légaliser la pratique des remboursements différenciés par les mutuelles. Le cas échéant, rappelle le Groupe All, « elle autoriserait ces plateformes de santé à imposer aux opticiens des critères tarifaires strictes et à promettre aux assurés des baisses de tarifs en optique de l'ordre de 30 à 40% ». Elle engendrerait par conséquent un important manque à gagner pour l'Etat. Selon ses calculs, la centrale estime à environ 1,3 milliard d'euros les recettes fiscales et cotisations sociales prélevées auprès des opticiens :
-un point de vente génère en moyenne 106 827 euros de revenus par an pour l'Etat : 61 402 euros de TVA (pour un CA moyen de 374 682 euros TTC pour un point de vente indépendant) + 45 425 euros en moyenne de charges sociales
-le nombre actuel de magasins d'optique en France est estimé à 12 000, ce qui représente donc au total 106 827 euros x 12 000 = 1,28 milliards d'euros
(Les chiffres ci-dessus sont de source Gfk)

Outre ses conséquences sur les rentrées financières de l'Etat, l'autorisation des réseaux mutualistes impacterait, selon le Groupe All, la qualité des équipements délivrés aux porteurs et la situation économique du secteur. « Sachant que les opticiens réalisent en moyenne un excédent brut d'exploitation de 23,4%, ils seraient contraints de descendre en gamme et à importer leurs produits depuis des filières low-cost étrangères. Ils ne pourraient plus réaliser un équipement sur mesure, ni assurer un conseil spécifique et indépendant aux clients ». Cela engendrerait « la dégradation de la prestation, des suppressions de postes chez les opticiens et la mise à mal des entreprises innovantes françaises de fabrication de produits d'optique ».

 

Un marché épargné par la crise à préserver

Ces conséquences serait d'autant plus dommageables que la filière optique est jusqu'à présent relativement épargnée par la crise. Les quelque 1971 indépendants adhérents du Groupe All ont ainsi réalisé l'année dernière un CA total de 650 millions d'euros TTC. Au-delà, le métier d'opticien a largement évolué ces dernières années. « Il représente aujourd'hui une réponse forte à la baisse démographique des ophtalmologistes et à la demande croissante d'accompagnement et de proximité », note la centrale.

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