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60 millions de consommateurs s'attaque à Essilor et aux verres progressifs

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60 millions de consommateurs s'attaque à Essilor et aux verres progressifs

Dans son numéro d'avril, 60 millions de consommateurs se vente de publier une nouvelle étude « inédite, qui met à mal le discours marketing des opticiens ». Cette fois, c'est aux progressifs que le magazine consumériste s'attaque. Annoncé en Une sous l'intitulé « Verres progressifs : vous pouvez payer moins cher ! », l'article commence par tacler le leader français en titrant « Varilux, plus cher mais pas meilleur ». 

Trois gammes de verres testées auprès de 53 volontaires 

Pour construire son argumentaire, le magazine a mené une expérimentation afin de comparer trois gammes de verres différentes : « des verres progressifs haut de gamme Varilux Essilor (274 € par verre) à deux autres, vendus sous la marque d'un distributeur low-cost et fabriqués selon nos informations par Hoya. L'un est de même niveau de gamme que le Varilux, mais vendu 100€ par verre chez cet opticien low-cost ; l'autre correspond à un verre de milieu de gamme, d'une génération plus ancienne, et coûte seulement 75€ par verre chez ce même distributeur », expliquent les journalistes. 53 porteurs de progressifs ont alors été choisis pour évaluer successivement, pendant quatre semaines, les trois verres sans en connaître les références. « Au terme de cet essai, 20 personnes ont choisi de conserver les verres de milieu de gamme de la marque de distributeur, 20 autres les verres haut de gamme de la même marque... et seulement 13 les verres haut de gamme d'Essilor ! », souligne 60 millions de consommateurs pour qui une seule conclusion s'impose : « ni Essilor, ni même les verres progressifs les plus récents (et donc les plus onéreux), ne sont incontournables pour obtenir une qualité de vision satisfaisante ». 

Les trois verres testés par 60 millions de consommateurs mettent en réalité en concurrence un Varilux Physio 2.0 Orma Crizal Alizé Essilor+, à des verres Varifocus 1.5 SAR CC et Varifocus + 1.5 SAR CC d'Hoya vendus par Hans Anders. Si les tests ont été réalisés au porté, l'article ne dit pas s'ils ont été montés sur la même monture et si le centrage était le même. Des conditions sine qua non à respecter pour pouvoir évaluer les verres dans les mêmes conditions. Tout est dans la prise en charge de la personne et de sa correction visuelle.

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Le marché de nouveau accusé de « manque de concurrence » et « d'opacité » 

Cependant pour expliquer son résultat et prouver aux porteurs qu'« il n'est pas nécessaire de payer le prix fort des verres de dernière génération », le magazine remet une fois de plus sur le tapis un soi-disant « manque de concurrence » et une « opacité calculée » de notre marché. Ainsi les journalistes écrivent : « Pour que les consommateurs puissent profiter pleinement de notre démonstration, encore faut-il qu'une véritable concurrence s'exerce entre les différents fabricants. Et encore faut-il que le client soit informé sur ce qu'il achète (la catégorie du verre et le nom du fabricant, au-delà du nom commercial), afin de lui permettre de comparer les produits des différentes enseignes ». 

« Pour l'heure, le marché est tenu par un nombre très restreint de fabricants. Essilor, inventeur du verre progressif et actuel leader mondial du secteur, détiendrait avec ses filiales (notamment BBGR) entre 50 et 70 % du marché français, insiste 60 millions de consommateurs. Derrière ce mastodonte, les verriers Carl Zeiss et Hoya se placent en deuxième et troisième places, avec respectivement 15 et 12 % de part de marché ». Enfin, il note que les « verres progressifs « maison » des enseignes d'optique, à l'exception notable de Krys qui les fabrique dans sa propre usine, sont généralement conçus par ces mêmes fabricants (Essilor compris), qui avancent plus ou moins masqués selon les cas. Une opacité qui complique la tâche des consommateurs soucieux de comparer ». 

L'objectif est-il de détruire notre filière ? 

Avec un prix d'achat moyen annoncé à hauteur de « 568 euros », « les verriers répondront sans doute que la conception d'un verre progressif est onéreuse », continue 60 millions de consommateur qui affirme que « l'opticien l'achète entre 50 et 140 €, contre 10 à 80 € pour un verre unifocal, selon l'analyse d'Alcimed. Et c'est pour les verres dernier cri que le client paie le plus cher. Or, tous les deux à trois ans environ, les fabricants mettent sur le marché une nouvelle génération - forcément meilleure que la précédente, selon eux. Notre étude prouve que ce n'est pas l'avis des porteurs de lunettes... », concluent les journalistes. 

Il faut toutefois noter que, comme par hasard, cet article sort en kiosque suite à la publication au JO de la loi Hamon et alors que les premiers montants des minima et maxima de remboursements des équipements optiques viennent d'être évoqués. Un quatre page qui semble une nouvelle fois commandité pour massacrer notre filière... En jeu : les magasins d'optique mais aussi les emplois d'une industrie française. Rappelons également que 60 millions de consommateurs n'est pas impartial puisqu'il appartient à l'Institut national de la consommation (INC), un organisme public financé par l'Etat.

 

Suite à ces résultats, nous avons interrogé Sébastien Picot, directeur commercial Essilor France : « Nous sommes surpris par les allégations de cet article qui contredisent tous les tests réalisés sur nos verres Varilux. Ces tests sont réalisés par des organismes indépendants selon un protocole scientifique validé par le Centre de recherche 968 Inserm de l'Université Pierre et Marie Curie. Nous avons mené plus de 100 études sur les 30 dernières années qui ont systématiquement démontré la supériorité de nos designs. Nous contestons donc formellement les résultats de l'article publié par 60 millions de consommateurs. Par exemple, le fait que Essilor avec son Varilux Physio ait obtenu zéro sur dix à certains critères semble indiquer un non respect des spécifications de montage et du protocole de prise en charge Varilux. Nos verres, très innovants et techniques, nécessitent l'intervention d'un professionnel formé qui respecte strictement le protocole de prise en charge des Varilux, décrit dans notre Guide d'adaptation. » 

Essilor nous a enfin confié avoir demandé à l'association les résultats complets ainsi que le protocole suivi pour leurs tests. « Quelque soit leur retour, nous exercerons notre droit de réponse » ont-il affirmé.

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