Economie

Le reste à charge zéro en optique est « intenable en l’état », selon le cabinet Jalma Health

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Le cabinet de conseils Jalma Health estime que la promesse d'Emmanuel Macron d'un reste à charge zéro en optique est « intenable en l’état ». La société de services spécialisée dans la santé et l'assurance pointe deux principaux « facteurs de blocage », dans une étude* publiée ce lundi 27 novembre sur lemonde.fr.

Rappelons que selon les dernières déclarations d'Agnès Buzyn, le Gouvernement entend créer « un panier de soins nécessaires ». « Les négociations ont commencé début novembre et les consultations débutent tout juste. L'objectif est d'avoir un bon cadrage en 2018, mais il n'est pas sûr que l'on soit prêt pour le projet de budget de la Sécurité sociale 2019. On y travaille ardemment mais les filières sont complexes », a récemment précisé la ministre de la Santé.

Premier facteur de blocage selon Jalma : des écarts de remboursement si importants qu’ils rendent « illusoire » l'objectif fixé par le Gouvernement. Si pour 1/3 de la population, jeune et active, la promesse d'un remboursement à 100% est déjà tenue, 28,8 millions de personnes doivent encore débourser 293€ en moyenne de leurs poches, constate l'étude. Parmi eux, 12 millions de porteurs de progressifs, en majorité des retraités qui portent des verres complexes et couverts par des contrats de complémentaires santé individuels. Ces derniers connaissent, selon cette enquête, un reste à charge moyen de 400€ du fait de « la mauvaise prise en charge des verres », les montures représentant environ 400 millions d’euros sur 1,5 milliard de reste à charge total. « On part de trop loin pour la moitié de la population qui est mal couverte », juge Mathias Matallah, président de Jalma Health.

Deuxième facteur de blocage identifié par Jalma : l'importance des taxes directes et indirectes qui pèsent sur le prix des équipements. Car si le reste à charge des assurés a diminué de 2 milliards d’euros entre 2006 et 2015, sur la même période les cotisations ont augmenté de 3,1 milliards d’euros. En cause notamment : « l’explosion » de la taxe sur les contrats d’assurance (+857%) et le doublement des cotisations d’assurance (+99%), soit 660 millions d’euros en plus pour l’Etat selon Jalma. Le cabinet estime ainsi que grâce ces taxes, notre marché rapporterait près de 2 milliards d’euros par an à l’Etat. En cumulant la TVA sur les équipements (20%) avec les taxes et les frais d’assurance, le taux de taxation oscille entre 25% et 35%, calcule Jalma. Les verres correcteurs sont donc « plus taxés que les sacs Vuitton, juge Mathias Matallah. Pour parvenir à un reste-à-charge zéro, le Gouvernement doit arriver à faire baisser fortement les prix. Or il n’y a objectivement pas intérêt, car ce marché lui rapporte une véritable manne », souligne-t-il.

Pour finir, la société de services en santé et assurance estime que la généralisation des contrats « responsables », imposant des plafonds de remboursement, n'aurait pas permis de limiter la hausse des prix. « Avec des plafonds égaux à 2,5 fois le prix moyen de verres unifocaux et 1,8 fois le prix moyen de verres progressifs, la prise en charge par les complémentaires santé n’est clairement pas encadrée », conclut-elle.

 

*Etude réalisée par le comparateur Sénèque et la société de services en santé Jalma Health à partir de l’analyse d’une base de 4 millions de devis et sur les données publiées en mars par l’Observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale.

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