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Réseaux de soins : les réactions des centrales et des enseignes sur le rapport de l’Igas

Réseaux de soins : les réactions des centrales et des enseignes sur le rapport de l’Igas
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Attendu de longue date, le rapport prévu par la loi Le Roux a été rendu public mercredi 20 septembre, par l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Après les syndicats, nous avons souhaité interroger les centrales et les enseignes.

Stéphanie Dangre, présidente du Groupe All

Ce rapport est le bienvenu pour appréhender de manière neutre l’impact des réseaux de soins sur le marché de l’optique. On va dans le bon sens, mais plusieurs points restent en suspens.

En premier lieu, la question centrale de la qualité des produits associée à la prestation de l'opticien. C'est un sujet fondamental ! Le rapport met en exergue une baisse des prix dans le réseau, mais n'est pas en mesure de répondre sur la qualité au sens large.

Autre point mis en exergue : le problème de la liberté de choix du client. On se rend compte que les consommateurs ne sont pas informés et ne connaissent pas du tout le fonctionnement des réseaux.

Côté opticien, le rapport pointe du doigt un fort déséquilibre de la relation contractuelle avec un nombre d'adhésions limité. L'Igas parle de précarité et d'insécurité pour l'opticien.

A partir de ce rapport, on se rend compte que le label "Expert en Santé Visuelle" a tout son sens aujourd'hui. A nous désormais de le développer auprès des consommateurs en expliquant la différence entre un équipement sur-mesure et standard.

Jérôme Schertz, président de Luz

L'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) reconnaît officiellement toutes les alertes émises ces dernières années par les indépendants au sujet des pratiques des réseaux de soins. C'est une nouveauté et c’est très encourageant.

Plusieurs points se dégagent du rapport :

  • une baisse des prix dans le réseau sans pouvoir mesurer la qualité du produit ou de la prestation;
  • une forte restriction de la liberté des patients et des professionnels de santé;
  • aucune évolution des remboursements des complémentaires santé;
  • un manque de clarté sur les conventions passées entre les opticiens et les réseaux de soins. En d'autres termes, il n'y a pas de contrepartie par rapport à l'effort commercial demandé aux opticiens.
  • l'absence d'encadrement de la gestion des données de santé recueillies par les réseaux.

Notre rôle est d'informer les clients de ces problématiques. Luz propose, depuis des années, différents outils à ses opticiens et édite à l'occasion du Silmo 2017, son nouveau journal Vision Santé pour expliquer aux clients la réalité du métier d’opticien et les pratiques des Ocam.

Jean-Luc Sélignan, président de Club OpticLibre

Pour la première fois, nous avons un rapport équilibré qui n’est pas à sens unique en faveur des réseaux de soins.

A ma demande, Frédéric Bizard a fait une contre-analyse objective et très documentée de l'étude de Nicolas Bouzou du cabinet Asterès sur les réseaux de soins. Ce sont 2 économistes avec une vision différente, mais le même type de moyens. S'il n'y avait pas eu l'étude de Frédéric Bizard, je pense que l'analyse de l'Igas aurait été différente. Son audition a été significative.

Le rapport est ainsi bien développé, de vraies problématiques sont soulevées et pour la première fois dans l'optique, les effets des réseaux sont pointés du doigt.

Fabrice Masson, directeur général de la CDO

Ce rapport confirme ce que la CDO a malheureusement constaté depuis plusieurs années. Il existe un déséquilibre patent dans la relation entre le réseau de soins et l’opticien agréé. Il s’aggrave au fil des renouvellements de réseaux : des obligations de plus en plus contraignantes sont imposées aux opticiens qui souhaitent rejoindre le réseau, sans qu’ils aient aucune marge de négociation. Comme le dit l’Igas, il s’agit de contrats d’adhésion.

La CDO a considéré que certaines de ces pratiques sont susceptibles de constituer des pratiques restrictives de concurrence pour lesquelles la justice devra se prononcer.

Christian Rothacker, président du Groupe One

C’est un rapport intéressant. Pour la première fois, nous avons un document détaillé dans notre secteur.

Il ne démontre pas de façon claire le bien-fondé des réseaux de soins. Les instances doivent approfondir certaines interrogations notamment sur la qualité des produits et la prestation de l’opticien.

Il faut désormais aller plus loin et mener plus d’investigations. Certaines conclusions ne sont pas très précises.

Éric Plat, PDG d'Atol les Opticiens

Le rapport est satisfaisant, car il pointe du doigt les effets des réseaux dénoncés par de nombreux professionnels de santé depuis plusieurs années. On ne peut qu'être d'accord avec les recommandations de l'Igas et le législateur a maintenant la balle dans son camp pour apprendre à mieux connaître ces réseaux et établir un encadrement juridique. D'ailleurs, ce serait bien aujourd'hui d'encadrer les frais de gestion des Ocam qui, impactés par les réseaux, sont très élevés.

Mais si ce rapport est bien fait et complet, il établit en revanche qu'en diminuant le reste à charge des assurés, les réseaux améliorent l'accès aux soins. Si l’accès aux soins est favorable, il l'est en trompe l'œil, car seulement regardé par le prisme du prix des lunettes. Qu'en est-il de l'évolution du coût des complémentaires santé au cour des 10 dernières années ? L'augmentation de 30% en 10 ans des cotisations Ocam n'a pas été intégrée dans l'analyse faite par l'Igas. Enfin, l'accès aux soins en optique est fortement impacté par le manque d'ophtalmologistes et une restriction de l'accès aux nouvelles technologies.

Maintenant les professions de santé touchées par ces réseaux, et en particulier les opticiens, doivent se mettre d'accord. Il va falloir que les syndicats professionnels s'entendent pour avancer.

Alain Afflelou Group, Hans Anders et le groupe Optic 2000 ont réagi à travers un communiqué envoyé par le Rof (Rassemblement des opticiens de France). Les Opticiens Mutualistes n'ont pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat. Enfin, acuite.fr n'a pas réussi à joindre GrandVision France (GrandOptical, Générale d'Optique et Solaris).

Écrit par la Rédaction
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Olivier Touret
Je me réjouis de voir cette quasi unanimité des centrales et enseignes pour confirmer les propos de l'IGAS. Tout le monde est d'accord pour conclure que les réseaux de soins mis en place sont surpuissants, non surveillés et à l'efficacité très douteuse. Tous confirment que ces réseaux sont un problème en particulier pour les opticiens.

Rappelons que les centrales et enseignes ont comme clients les opticiens. Elles sont donc motivées pour les aider!

MAIS pourquoi cette aide se traduit chez beaucoup d'entre elles par un très fort accompagnement à l'entrée dans les réseaux? Pourquoi demandent elles l'ouverture des rézos pour qu'un encore plus grand nombre d'opticiens en dépendent? On ne compte plus les réunions passées à expliquer le meilleur moyen pour être inscrit dans un réseau, les outils pour connaître les prix de vente rézos et le produit ad hoc permettant la meilleure marge? Jamais je n'entends parler d'accompagnement à la sortie des rézos ou de mise en valeur du concept Zéro Rézo!!!
POURQUOI sont elles des financeurs et des soutiens d'EDI et d'OPTOAMC?
POURQUOI participent elles à des réunions secrètes (Carte Blanche, Itelis...) sans faire de compte rendu à leurs clients opticiens pour rendre ces structures (rézos, EDI, OPTOAMC) toujours plus incontournables?

J'appelle toutes les centrales et enseignes à soutenir les conclusions du rapport IGAS concernant la protection des données de santé pour :
- abolir l'usage d'OPTOAMC au profit d'une vrai norme sécurisée = interAMC.
Cette norme interAMC garantie l'anonymisation des données et facilite le remboursement des assurés pour l'ensemble des opticiens
- abolir la loi Le Roux qui a permis la création de ces rézos défectueux et l'usage du remboursement différencié au lieu de la qualité pour guider les assurés vers eux.

VOICI UN VRAI PROJET D AVENIR POUR LA PROFESSION!!!
C'EST MAINTENANT QUE CA SE PASSE!
Eric Dourin
En voila un qui pose les vraies questions.

ça pue la corruption à plein nez et l'arrosage sous la table bien comme il faut.
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