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« Le plafonnement des remboursements est une mesure maladroite et restrictive », pour Chritophe Lafond (MGEN)

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lafond.pngAvec un taux de fréquentation de 64%, le réseau de soins Optistya s'apprête à renouveler son parc d'opticiens*. Si le modèle du prochain dispositif est encore en réflexion, la publication du décret définissant les plafonds de remboursement de l'optique par catégories de verres devrait être décisive. Le réseau perdra-t-il de sa valeur et sera-t-il toujours aussi concurrentiel ? Acuité a posé la question en exclusivité à Christophe Lafond, délégué national du groupe MGEN et responsable du conventionnement. 

Acuité : Que pensez-vous de la volonté du Gouvernement de réguler l'optique notamment au travers les plafonds de remboursement ?
Christophe Lafond :
 Cette mesure nous paraît très maladroite car le Gouvernement essaie de réguler un marché par le biais des Ocam. C'est tellement contraignant et inadapté qu'il a renforcé le sentiment des opticiens, qui pensent être attaqués de toute part. Je les comprends ! 

A. : Comment avez-vous réagi au projet de décret ?
C.L. :
 Nous pensons que cette mesure est très restrictive. Il y a aussi un grand flou sur les définitions de « verres simples » et « verres complexes ». Il est possible d'avoir des unifocaux assez complexes et des progressifs plutôt simples. Il faut aller bien plus loin, sinon le système sera très inéquitable. Dans le réseau Optistya, nous avons déjà introduit la notion de correction faible, moyenne ou forte à la fois pour les unifocaux et les progressifs. 

A. : Avec le plafonnement des remboursements, les réseaux gardent-ils leur légitimité ? 
C.L. :
 Ils vont perdre de leurs avantages. Le système de protection sociale est en train d'être chamboulé pour donner naissance à un système de santé à trois vitesses : la Sécurité sociale, des prestations minimales avec un premier niveau de complémentaire et des contrats non responsables qui seront taxés, donc plus chers. Finalement, nous sommes loin d'une politique sociale.

A. : Quelles solutions auriez-vous envisagé ?
C.L. :
 Si les organismes complémentaires ont une part de responsabilité dans la fixation des tarifs de la lunetterie, pour commencer, il aurait peut-être fallu définir des tarifs opposables (sans dépassement autorisé,ndlr). Nous craignons que les plafonds deviennent les prix du marché. Il faut aussi prendre en compte la dangerosité de la dégressivité d'une année sur l'autre et sur trois ans. La qualité risque de baisser. 

A. : Que faut-il comprendre dans la stratégie de santé du Gouvernement ?
C.L. :
 Nous n'y voyons aucun équilibre, aucune politique de santé publique et aucune cohérence. Sur ce thème, nous rejoignons les opticiens et les fabricants. Nous avons le sentiment que tout s'est fait rapidement. Les parlementaires n'ont peut-être pas eu le temps de consulter des experts. En dehors du PLFSS 2014 (qui doit respecter un calendrier précis, ndlr), le Gouvernement aurait pu arriver à quelque chose d'un peu plus travailler et d'intelligent. 

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