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    Bientôt une PPL sur les délégations de tâches et une formation en trois ans ? Interview du sénateur Ronan Kerdraon

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    Bientôt une PPL sur les délégations de tâches et une formation en trois ans ? Interview du sénateur Ronan Kerdraon

    Dans une question écrite au Gouvernement, le sénateur socialiste des Côtes-d'Armor, Ronan Kerdraon, a interrogé le ministère de la Santé sur l'évolution de la formation des opticiens*. Aujourd'hui, le parlementaire souhaite mettre en marche une réflexion plus large sur la filière de santé visuelle. Alors qu'il auditionne actuellement des acteurs de notre secteur au Sénat, il pourrait déposer une proposition de loi d'ici l'été. Interview...

    Acuité : Comment vous êtes-vous intéressé à la filière optique ?
    Ronan Kerdraon :
    Tout simplement parce que j'ai d'excellentes relations avec mon opticien. J'ai échangé avec plusieurs de ses confères des Côtes-d'Armor et de Bretagne. Des enquêtes, du type de Que-Choisir, ont stigmatisé cette profession qui contribue à la vitalité de nos communes. Etant à la Commission des affaires sociales du Sénat, je suis aussi soucieux de l'offre de santé de notre territoire et en pleine réflexion sur cette profession.

    A : Quel est votre sentiment suite à ces échanges ?
    R.K. :
    En Bretagne, il faut près d'un an avant d'avoir un rendez-vous chez l'ophtalmologiste. C'est inadmissible ! On peut alors imaginer que les actes de première ligne pourraient très bien être réalisés par les opticiens pour dégager du temps aux ophtalmologistes. Ce serait reconnaître officiellement une pratique qui se fait déjà sur la base d'une ordonnance de moins de trois ans et qui apporterait aux opticiens un surplus financier. Ainsi les ophtalmologistes pourraient se concentrer sur l'aspect médical. La Sécurité sociale ferait aussi des économies.

    A : Selon vous, quelle serait la solution à envisager ? Reconnaître l'optométrie ?
    R.K :
    A titre personnel, je ne suis pas favorable à la création d'une profession intermédiaire. Ce qui me gêne, c'est créer et reconnaître une profession sans avoir fait un état des lieux de la santé visuelle en France. Il faudrait engager une étude d'impact, peut-être commandée par le Gouvernement à l'Igas (Inspection générale des affaires sociales, ndlr). Rappelons que la loi HPST prévoit des protocoles de coopérations entre les différentes professions de santé. Je préférerais qu'on se concentre sur celles existantes : les opticiens et les ophtalmologistes.

    A : Quels actes délégueriez-vous aux opticiens ?
    R.K. :
    Il faut voir l'ensemble comme une filière avec une complémentarité entre les professionnels de santé. Les compétences données aux opticiens seraient celles des examens de vue, des adaptations de lentilles et peut-être, une initiation au dépistage. Cela resterait quand même limité. Ces actes encombrent les cabinets d'ophtalmologie. Les opticiens pourraient ainsi faire payer les examens de vue. A partir du moment où on reconnaît un diplôme et un acte, il doit être codifié et pris en charge par la Sécurité sociale.

    A : Mais pour cela il faudrait revoir la formation des opticiens ?
    R.K. :
    Oui, c'est une évidence et pourquoi ne pas se rapprocher de celle des ophtalmologistes et des orthoptistes ! J'ai eu l'occasion de rencontrer les grands syndicats. L'idée serait de s'inscrire dans le cursus européen LMD (Licence Master Doctorat, ndlr). On pourrait également, au sein de cette formation, mettre en place un numerus clausus, même si ce n'est que temporaire.

    A : Quels sont les projets envisagés ?
    R.K. :
    Dans le cadre de la stratégie nationale de santé, je souhaiterais qu'on entame une réflexion globale sur la situation, avec les tenants et les aboutissants. On gagnerait à être volontariste en la matière. Les opticiens ont besoin d'un signal fort de la part du Gouvernement pour retrouver le moral. Je suis intimement persuadé qu'en améliorant la formation avec une année supplémentaire, on leur donnerait plus de crédibilité. Les opticiens ne sont pas que des commerçants mais des acteurs de notre santé.

    A : Envisagez-vous de déposer une PPL ?
    R.K. :
    Je reçois actuellement au Sénat un certain nombre de professionnels. Il n'est pas impossible que je dépose une proposition de loi (PPL) d'ici cet été. Elle concernerait la formation des opticiens mais pas que...

    *Lire aussi :

  1. Vers une formation des opticiens en trois ans et en milieu médical ? (09/12/2013)
  2. Des sénateurs plaident en faveur de la reconnaissance de l'optométrie en tant que « profession intermédiaire » (04/02/2014)
  3. Écrit par la Rédaction
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