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Loi Hamon : les deux amendements qui vous font voir rouge en cours d'adoption à l'Assemblée

Loi Hamon : les deux amendements qui vous font voir rouge en cours d'adoption à l'Assemblée
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Les débats sur le projet de loi relatif à la Consommation de la semaine dernière à l'Assemblée Nationale, ont provoqué de nombreuses réactions* des professionnels et représentants syndicaux de notre filière. L'adoption lundi 10 décembre de l'article 17 quater A lors de l'examen en seconde lecture à l'Assemblée nationale de ce projet de loi, a en effet introduit des dispositions favorisant une plus grande ouverture de la distribution de verres et lentilles, notamment en ligne. Mais deux amendements doivent encore votés pour valider ces dispositifs en principe ce jour.

Suite à l'adoption de l'article 17 quater A qui prévoit de supprimer le monopole de vente des produits d'entretien des lentilles de contact, actuellement réservé aux pharmaciens et aux opticiens, le Synope, la Fnof, le Snof, le Gifo, easy-verres.com, l'UDO et l'AOF, ont vigoureusement réagit vendredi dernier.
De plus pour tous, l'argument de Benoît Hamon, consistant à dire que ce projet de loi permettrait de récupérer « environ un milliard d'euros de pouvoir d'achat » pour les Français, ne tient pas la route, pas plus que les estimations avancées par le Gouvernement indiquant que l'ouverture du marché de l'optique reviendrait à obtenir « des baisses de prix de l'ordre de 30 à 40% ».

Ce lundi, les députés vont donc adopter deux amendements majeurs dans cette perspective. Le premier vise à autoriser n'importe quel investisseur à ouvrir un magasin d'optique, à condition qu'il emploie au moins un opticien pour délivrer les lunettes et les lentilles. Cette perte du monopole de gestion des points de vente est une conséquence de la jurisprudence européenne. Quant au second amendement, il obligerait les ophtalmologues à inscrire sur les ordonnances l'écart pupillaire du patient, en plus de ses corrections, afin que ce dernier puisse acheter plus facilement sur Internet un équipement à sa vue.

Du côté de notre filière, les résistances s'organisent*. Chacun conteste les chiffres avancés et les mesures proposées : les lunettes ne sont pas des produits de consommation comme les autres, puisqu'ils concernent la santé. Les professionnels de l'optique s'étonnent également que le ministre de l'Économie sociale et solidaire souhaite favoriser des « financiers qui vont investir dans les magasins en ligne alors que nous sommes des artisans », s'est ainsi indigné le Synope qui craint, comme les autres représentants du secteur, des disparitions d'emplois en amont dans les PME de la filière.

A l'instar de Philippe Peyrard pour Atol (lire notre news ici), Jean-Pierre Champion, directeur général de Krys Group, rappelle que si on regarde « ce que représente le profit cumulé des magasins d'optique, soit 250 millions d'euros environ, et que l'on veut gagner 1 milliard d'euros, il faudra trouver 750 millions d'euros ailleurs ! Où les trouver ? C'est simple, dans la masse salariale des magasins et des usines de production et dans la délocalisation des usines... Or la France est l'un des rares pays au monde où plus de la moitié des verres sont fabriqués localement. Avec l'hypothèse de 20% retenue par le Gouvernement, cela équivaudrait à 5 000 suppressions d'emplois dans les magasins et à 1 500 dans les laboratoires de surfaçage de verres. Mais ce serait surtout la destruction de toute une filière unique dans notre pays ! »

L'Asnav aussi craint pour la santé visuelle des Français et juge que « démédicaliser l'accès aux équipements et aux traitements liés à la vue, [...] consiste à assimiler la correction d'un défaut visuel à un simple bien de consommation ». Selon elle, « le calcul partial du gouvernement ne prend pas en compte le fait que 92% des Français sont couverts par une complémentaire, qui de facto seront les principaux bénéficiaires de ce « soit disant cadeau » consumériste, sans contrepartie réelle et tangible pour le consommateur final (...) et l'impact économique du « mal voir » (...) évalué à 2 milliards d'euros par an. »

*Lire aussi :
- Loi « Conso » : Easy-verres.com tire la sonnette d'alarme (13/12/2013)
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- Loi « Conso » : le Snof demande l'arbitrage du premier ministre (13/12/2013)
- Loi Hamon : le Synope est animé par des sentiments de révolte et d'indignation (11/12/2013)
- Le Synom monte au créneau et demande à Benoît Hamon de revoir sa position (12/12/2013)
- Le « lobby » des opticiens est-il « assez influent pour défendre son monopole » ? (12/12/2013)
- L'écart pupillaire sur l'ordonnance permettra le développement de la vente de lunettes en ligne selon Benoît Hamon (09/12/2013)
- Le Gouvernement veut-il la peau des opticiens ? Vos réactions... (10/12/2013)

 

Écrit par la Rédaction
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